Tizi-Ouzou Les expropriés du barrage Souk N’Tleta ne décolèrent pas – Sit-in ce mercredi devant le siège de la wilaya

« Halte à l’arnaque ! Non au bradage de nos biens ancestraux ! » Pouvait-on lire sur les banderoles déployées lors du rassemblement des expropriés du barrage Souk N’Tleta, au cours de la matinée de samedi dernier.

Ils étaient très nombreux à occuper les lieux après que la daïra de Draâ Ben Khedda ait refusé d’octroyer l’autorisation à l’association de tenir son rassemblement à l’intérieur de la salle de cinéma. Au cours de son intervention, le président, accompagné des membres du bureau, a relaté les circonstances de ce rassemblement qui intervient suite aux lenteurs de l’administration de réactualiser les prix de l’expropriation. Il a fait un compte rendu de la dernière assemblée générale, tenue sur le site même du barrage, et à l’issue de laquelle ce rassemblement a été décidé. Le Président a fait un large tour d’horizon de la genèse de ce projet qui date depuis 1983. «Aux cours de toutes ces décennies, nous nous sommes vus freinés dans tous nos projets personnels. Les familles n’avaient pas la possibilité de construire, de procéder à l’extension de leurs habitations ou de solliciter un quelconque projet pour la localité de N’ Tleta, à cause justement de ce barrage qui n’a pas encore vu le jour! », dira-t-il en substance. Il attire l’attention des présents sur «le travail bâclé par les experts de même que des omissions qui ont été faites… ». Le président s’est étalé sur les prix proposés par l’administration. «Les prix avancés ne satisfont personne. Ils n’ont plus cours en 2011. Un mètre carré de terrain agricole pour 150 DA relève de l’arnaque. L’olivier, arbre de nos ancêtres, ne vaut pas 4 000 DA», a-t-il ajouté. Les exemples sont nombreux et le président de citer la contradiction des estimations de terrain ici à Tizi-Ouzou et à M’Kira ou à Zeboudj Kara. «Les domaines ont proposé à une personne 2 000 DA le m2 à M’kira pour 150 DA à Tizi-Ouzou, lors de son expropriation « . Des exemples de ce genre sont monnaie courante. Ensuite, le président lance des flèches contre ceux qui s’empressent de récupérer les notifications des huissiers de justice. En direction de ceux-là il dira : «Une décision faite par ignorance ou parce qu’ils n’ont rien perdu car ils n’avaient pas sué pour acquérir ces biens. Aussi, nous leur demandons publiquement de se repentir et de réviser leur copie. Un bien ne peut être cédé au premier montant avancé!» Le président demande ainsi à toutes les instances locales de soutenir leur démarche et d’accompagner l’association dans sa démarche. Le message est adressé aux élus locaux : APC, députés et sénateurs. «La problématique du barrage Souk N’Tleta concerne les habitants des cinq communes : Tadmaït, Tirmitine, Aït Yahia Moussa, Maâtkas et Aïn Zaouïa. Le travail de l’expert est à revoir car plusieurs points sont omis. Et l’expropriation ne peut se faire sans régler tous les cas en suspens telle que l’actualisation des prix comme l’avait ordonné le Wali aux Directions concernées à savoir la DHW, les Domaines et l’ ANBT», «A ce jour, aucune information nouvelle ne nous est parvenue pour nous satisfaire. Passe-t-on outre les décisions et mesures du premier responsable de la Wilaya ?», a-t-il encore souligné. Les membres de l’association s’interrogent sur le devenir des cimetières, du relogement et des omissions. Les différents intervenants ont emboîté le pas au président pour le soutenir et approuver ses propos en ces termes : «Les travaux du barrage ne seront pas entamés tant que les cas en litige ne seront pas réglés !». Le président de l’association lance un appel au Wali afin de concrétiser ses promesses sur le terrain. A l’issue du rassemblement, qui s’est déroulé dans de très bonnes conditions, il a été décidé à l’unanimité la tenue, mercredi prochain, d’un sit-in devant le siège de la wilaya. Les expropriés se sont dispersés dans le calme. Signalons la forte présence de policiers en civil, des P/APC des communes concernées et autres élus du peuple.

Arous Touil