La Dépêche de Kabylie

Football Ali Fergani Se confesse à la Dépêche de Kabylie – « Face au Maroc, ce sera du 50/50 »

Le président de l’association des anciens internationaux et ex-capitaine des Verts, Ali Fergani, que nous avons rencontré au stade d’Azeffoun en marge du match de l’ES Azeffoun contre Aïn Bessam, a bien voulu répondre à nos questions. Dans cetentretien, il nous parle de l’EN, notamment de son prochain match face au Maroc, comme il évoque aussi le professionnalisme en Algérie et d’autres sujets d’actualité liés à la balle ronde.

La Dépêche de Kabylie : Que pouvez-vous nous dire sur cette visite à Azeffoun et sur l’équipe de l’ES Azeffoun, sponsorisée par le groupe ETRHB Haddad ?

Ali Fergani : C’est une visite de courtoisie que nous rendons à cette belle ville côtière d’Azeffoun sur invitation de Rebouh Haddad. C’est avec un grand plaisir que nous sommes ici, dans cette ville d’artistes et de sportifs. Toute l’équipe dirigeante de l’USMA a répondu présente à cette invitation et c’est avec un immense plaisir que nous sommes ici. Concernant, le match, je dirais, qu’on a assisté à une rencontre attrayante sur un terrain très difficile. A notre époque, on jouait sur des terrains du tuf, mais pas comme ceux là. Les tufs actuel sont lourds et n’aident pas le joueur à développer son jeu. J’ai vu une très bonne équipe d’Azeffoun, qui est aussi sponsorisé par le groupe ETRHB Haddad. Cette équipe à un énorme potentiel et un avenir prometteur, à condition de travailler encore dur et de persévérer. J’ai décelé de très bons éléments dans les deux camps. A la fin du match, nous nous sommes rendus aux vestiaires des deux équipes pour les remercier de leur sportivité exemplaire et de leur rendement encourageant. Nous souhaitons bon courage à ces équipes et on promet de revenir en fin de saison pour fêter l’accession avec ces jeunes talents promis à un avenir radieux.

Evoquons maintenant le sujet de l’EN. Quelle appréciation faites-vous sur le parcours de l’EN A’ lors de la CHAN du Soudan ?

Ils ont effectué un très bon parcours, honorable et encourageant. Ils ont décroché la 4éme place et c’est déjà une bonne chose pour ces jeunes joueurs. Ils ont battu une grande équipe d’Afrique du sud, puis ils se sont fait éliminer par une très bonne équipe de Tunisie, qui a décroché ensuite le sacre final. Il y a du potentiel à préserver dans cette équipe et le joueur local a prouvé sa valeur. On leur souhaite bon courage à l’avenir et je suis content par leur parcours honorable.

Notre équipe nationale va jouer un match très difficile face au Maroc. Comment voyez-vous ce match ?

Ça sera un match très difficile pour les deux équipes, non seulement pour la notre. Je dirais que ça sera du 50/50. Notre équipe nationale reste sur une défaite face au centre-africains, alors que le Maroc a gagné en Tanzanie, ce qui rend la tâche de notre équipe nationale un peu plus délicate.

Le Maroc a joué un match amical tandis que notre EN n’en a joué aucun depuis bien longtemps…

Le sélectionneur a programmé un match amical contre la Tunisie, mais qui a été malheureusement annulé à cause des événements dans ce pays voisin en cette période. On aurait bien aimé jouer ce match qui aurait été bénéfique pour les joueurs de notre équipe nationale, mais que voulez-vous qu’on fasse. Il y a toujours des imprévus dans la vie non !? Il y a aussi des dates Fifa à respecter.

Etes-vous optimiste pour l’avenir de notre EN dans ces qualifications ?

Bien sur que je le suis. On a une bonne équipe nationale et de bonnes individualités qui jouent dans des équipes européennes de bon niveau. Certes, la tache de notre équipe est difficile, mais pas impossible et je suis confiant quant à son avenir nous souhaitons beaucoup de chance et du courage à notre sélection.

Le projet du professionnalisme, lancé par la FAF, est toujours à la traîne. Êtes-vous optimiste pour la concrétisation de ce projet, prometteur pour l’avenir de notre football nationale ?

Ecoutez, il y a un début à tout. Le projet du professionnalisme est une bonne chose pour notre football et son développement. Il faut une réforme dans la gestion de notre football et cette réforme passe obligatoirement par la professionnalisation. C’est tout à fait normal qu’il y ait des difficultés et des entraves au début, mais avec le temps ça deviendra une réalité sur le terrain. Mais pour cela, il faut l’aide de l’état pour les clubs, mais aussi de la volonté et du courage pour les dirigeants des clubs et toutes les parties concernées. Il faut faire un bilan de pré-réforme de ce professionnalisme et voir là où il y a des contraintes pour faire avancer les choses. Il faudra aussi faire participer tous les acteurs de notre football.

Ne pensez-vous pas que la base du professionnalisme ce sont les centres de formations ?

Bien sur que oui. Le professionnalisme sans centres de formation de football, c’est comme l’enseignement sans classes et moyens pédagogiques. Franchement, il faut une bonne volonté de la part de tout le monde. D’abord, l’état doit aider financièrement les clubs et les dirigeants de ces clubs doivent faire des sacrifices pour faire avancer les choses. Il faut construire des centres de formation un peu partout sur le territoire national, parce que la pâte et le potentiel existent, mais il faut, comme je vous l’ai dit auparavant, accompagner tout cela par les moyens. Il faudra une volonté politique et sportive pour que le professionnalisme devienne une réalité sur le terrain et je suis optimiste pour l’avenir. Le professionnalisme ne se construit pas en un jour ou juste comme ça. Il faut un peu de temps, et petit à petit l’oiseau fait son nid comme on dit.

Comment expliquez-vous qu’un grand club comme la JSK n’arrive pas à se professionnaliser et qu’aucun grand industriel ne se soit manifesté à la SSPA/JSK pour élever le capital du club ?

Je ne sais pas trop les détails au sein de la JSK, mais je dirais une chose, la JSK, qui est le club le plus titré en Algérie, a un grand potentiel pour devenir la locomotive du professionnalisme en Algérie. Elle a des hommes autour d’elle pour le devenir, comme le Ahly du Caire en Egypte. La JSK est quand même le club le plus titré en Algérie avec six titres Africains. Je ne sais pas trop pourquoi les investisseurs ne se sont pas manifestés. J’espère que ça viendra et qu’un grand investisseur de la région se lancera à aider la JSK dans son projet professionnel. En tout cas je suis confiant quant à la réussite du projet de la SSPA/ JSK, à qui je souhaite bon courage.

On dit qu’il n’y a actuellement que l’USMA qui peut devenir un club professionnel en Algérie, vu les moyens financiers mis par

l’ ETRHB Haddad ?

Certes, l’USMA a les capacités pour devenir un grand club professionnel vu qu’elle a un grand investisseur en la personne du groupe ETRHB Haddad, mais il y d’autres clubs qui peuvent aussi devenir professionnel. La JSK a ce potentiel, il y a aussi le Mouloudia d’Alger qui a une grande histoire et un public merveilleux, mais dommage qu’elle n’arrive pas à se professionnaliser. Il faut de la volonté et des sacrifices, comme je vous l’ai dit. Je leur souhaite tous beaucoup du courage.

Pour clore cet interview. Quel est l’objectif d’avenir pour l’association des anciens internationaux que vous présidez ?

Notre rôle et notre objectif est clair. C’est d’aider les anciens internationaux qui sont marginalisés malgré tout ce qu’ils ont donné à notre football. On organise des galas de solidarité un peu partout sur le territoire national pour valoriser nos anciens internationaux. On aide aussi nos anciens internationaux par des formations d’entraîneurs et d’éducateurs. On organise aussi des séminaires pour développer notre football. On va organiser, prochainement, un séminaire sur le professionnalisme en Algérie et expliquer le projet porteur pour notre football, comme on compte organiser d’autres séminaires sur la violence dans nos stades et d’autres débats. Notre programme est riche et varié il vise au développement du football national qui a besoin d’une dynamique et d’une volonté politique pour qu’il aille de l’avant.

Entretien réalisé par Kader Kaci.

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