La Maison de la Culture de Tizi-Ouzou rend hommage aux martyrs – Une stèle sous forme de guillotine inaugurée

La Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, voulant marquer l’événement, fête aujourd’hui le 49e anniversaire de la journée de la victoire. Pour l’occasion, beaucoup d’hommages seront rendus aux Chouhada qui ont façonné la révolution algérienne. Ces derniers que la guerre de libération a fauchés dans des conditions parfois lamentables.

A cet effet, une stèle à la mémoire de ces nombreux combattants en général, et Arezki l’Bachir, en particulier, a été inaugurée tôt dans la matinée d’hier, en présence de plusieurs moudjahiddines, et autres familles révolutionnaires. Erigée dans l’enceinte même de la maison de la culture Mouloud Mammeri, la stèle est à l’image d’une guillotine.

Très représentative, elle nous ramène très loin en arrière. Cette dernière est perçue comme l’alliée des colons, qui n’ont n’a pas hésité à l’utiliser afin de «punir» tous ceux qui ne voulaient pas plier devant leur injustice. Cette guillotine immortalisera désormais la mémoire de ces chouhada. La maison de la culture n’a pas été un choix furtif pour l’inauguration de cette stèle, puisque à son emplacement se trouvait, jusqu’aux années soixante-dix, une prison.

Celle-là même qui verra se succéder dans son enceinte plusieurs combattants, dont Arezki l’Bachir. Arezki l’Bachir, est une grande figure de la lute anti-colonialisme. Il est né vers 1857 dans le village d’Aït Bouhouni, à Azazga en Kabylie. A 14 ans, il assiste au soulèvement de 1871, dirigé par El Mokrani. Impuissant, il s’imprègne de ce mouvement de répression coloniale. Quelques années plus tard, il devient le contremaître de la forêt Yakouren.

Il forme un petit groupe avec ses compagnons les plus fidèles, pour soutenir les droits des bûcherons qui étaient exploités. Une petite résistance qui deviendra plus tard une rébellion contre la confiscation des terres du village. Arezki l’Bachir et ses compagnons participent ainsi à l’assassinat d’agents coloniaux français civils ou militaires, musulmans ou chrétiens. Des faits d’armes que l’administration française qualifie de «pur banditisme».

Il sera donc recherché lui et son groupe par le Gouverneur Général d’Alger. Ce dernier décidera en 1893 d’envoyer une expédition contre le groupe de résistants. Capturé après plus d’un moins de traque, il sera emprisonné pendant une année à la maison d’arrêt de Tizi-Ouzou et à la prison de Barberousse (actuelle Serkadji). Il sera condamné a mort en 1895. L’exécution d’Arezki L’Bachir se fera le 14 mai 1895 à Azazga. Il sera guillotiné puis enterré dans une fosse commune à Tizi Bouchène.

Tassadit Ch.