Dés le début de soirée, les voyageurs de Tizi Ouzou ne savent plus à quel saint se vouer en raison du manque de moyens de transports à destination des autres régions, dans une wilaya considérée pourtant, comme l’une des plus nanties en la matière.
En effet, selon les dernières statistiques fournies par la direction des transports de Tizi-Ouzou, on recense 13561 licences d’exploitation attribuées au niveau de la wilaya, dont 3540 sont exploitées sous forme de 2348 taxis et de 1192 fourgons aménagés (8+1 places ).
Des chiffres qui s’ajoutent aux 440 bus (toutes catégories confondues de 30 à 70 places assises) exploités au niveau de la gare routière du chef- lieu de wilaya avec une moyenne de 45 mille voyageurs par jour. Considérée comme l’une des wilayas les plus peuplées du pays avec 1, 3 millions d’habitants, Tizi-Ouzou a connu ces dernières années, un essor en matière de transport avec l’entrée du privé lequel il faut le reconnaître a réussi à desserrer l’étau sur les régions les plus éloignées de la wilaya. Mais paradoxalement, trouver un fourgon ou un bus en dehors des heures de pointe à destination d’une commune ou région de la wilaya, est devenu une vraie gageure.
Il suffit de se rendre, juste avant la tombée de la nuit aux deux principales stations inter dairates au niveau des sorties Est et Ouest de la ville de Tizi-Ouzou pour se rendre compte du calvaire que vivent les voyageurs, surtout en hiver. Rares sont les fourgons de transport qui se hasardent à rester au niveau de l’une des deux stations desservants les différentes daïras et communes de la wilaya au-delà de 18 heures. Parfois les voyageurs à destination de certaines localités à l’image de Ain El Hammam, Ouadhias, Larbaâ Nath Irathen, Beni Douala, Tizi-Gheniff ou Boghni ne trouvent pas de transport au-delà de 17h.
Durant l’hiver, les fourgons desservant ces localités, ne daignent pas revenir à la station après 16 heures au grand dam des voyageurs, dont la plus part sont des travailleurs. « Je comprends le courroux des voyageurs, dont la plupart sont des connaissances à moi puisqu’on habite le même patelin, mais que voulez-vous que je fasse ? Je ne peux pas prendre le risque de revenir après 16 heures à la station de Tizi-Ouzou, alors qu’il fait déjà nuit. Vous connaissez très bien la situation sécuritaire dans la région » nous confie un transporteur desservant la Daira de Ain El Hammam rencontré au niveau de la station du stade du 1er Novembre.
Un aveu partagé par la plupart des transporteurs qui desservent les régions les plus reculées de la wilaya et que certains voyageurs malgré leur calvaire semblent bien saisir. Il est vrai que ces dernières années, nombreux sont les propriétaires de fourgons et taxi qui ont été délestés de leurs véhicules par des groupes armées qui écument certaines régions de la wilaya. Si pour certaines localité le transport est disponible jusqu’à certaines heures de la journée, d’autres régions soufrent par contre, du manque de moyens de transports à l’image de Zekri, Yakouren, Iloula Oumalou, et Bouzeguene où parfois il faudra user de coudes pour pouvoir dénicher une place dans un des rares fourgons ou taxis reliant ces localités.
La plupart des transporteurs refusent de desservir ces localités en raison de l’état de délabrement du réseau routier. Et comme la majorité des transporteurs disposent de fourgons neufs, ils ne veulent donc prendre aucun risque de peur de les endommager. S’il est vrai que les bus sont plus au moins disponibles à partir de la gare routière durant la journée, il est quasiment impossible d’en trouver à partir de 17 heures car la plupart des véhicules y font leur ultime départ selon la réglementation qui n’autorise pas plus de quatre rotations par jour pour les bus inter-urbain. Une situation qui a ouvert la brèche à certains « clandestins » pour monnayer leurs services à des prix exorbitants au grand dam des voyageurs.
Ali C.

