L’eau de la discorde

Depuis que le village fut raccordé, en août dernier, au projet sectoriel d’AEP (Tifra, Adekar, Taourirt, Ighil), il ne se passe pas une journée au village sans entendre des citoyens discourir des heures durant sur cette eau qui ne fait pas que des heureux. Avec l’arrivée de cette eau dite « bwassif », les citoyens croyaient que leur problème d’eau ne serait qu’un sombre souvenir, mais ils se sont vite détrompés, car la situation hydraulique est restée la même. Il faudrait toujours 15 jours sinon plus, pour voir l’eau couler de son robinet. Pour beaucoup de citoyens, cette situation est due essentiellement à la mauvaise distribution d’eau qui se fait souvent selon l’humeur des préposés aux eaux. Ainsi certains quartiers sont alimentés deux et parfois trois fois par semaine, alors que d’autres, il leur faut attendre une éternité. Cette distribution anarchique et injuste peut provoquer des heurts violents si le service des eaux de l’APC n’y mette pas du sien pour y remédier, les gestes d’apaisement qui doivent être envoyés vers la population sont très simples : Un planning de distribution bien rigoureux et équitable où est banni « le piston » et autres basses considérations, avec en prime une information régulière qui peut apporter la sérénité dans ce secteur tant décrié, car on a beau changer les chefs du service hydraulique de l’APC, on a beau remplacer les préposés à la distribution cela n’a apporté aucune amélioration. Le citoyen doit être informé de tout ce qui touche à ce secteur sensible : Comment se fait la distribution, à quel rythme, qui profite le plus de cette anarchie…? En n’informant pas la population, on gère le secteur à sa guise, donc il y a anguille sous roche. L’eau existe en abondance, nous dit-on, donc pourquoi n’arrive-t-elle pas régulièrement dans les foyers ? Les autorités doivent procéder à des enquêtes sur le terrain pour connaître les tenants et les aboutissants de cette mauvaise distribution qui a fait couler beaucoup… d’eau.

Boualem B.