Les prix des matériaux de construction flambent

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Que l’on soit fonctionnaire, cadre moyen, ouvrier et même bénéficiaire de l’aide à l’habitat rural, il est quasiment impossible de construire son propre logis. Et pour principale cause, la cherté des matériaux de construction.

Trop cher disent les citoyens ! Dans les différents dépôts privés de matériaux de construction que nous avons visités à Souk El Tenine et à Maâtkas, la tendance est à la hausse. Le quintal de ciment est affiché à 1100 DA. L’acier, de diamètre 8, est vendu à 7000DA le quintal, quant à celui de diamètre 12, il vient juste au dessous 6700DA. La brique rouge a atteint 26 DA l’unité. Le parpaing oscille entre 48 et 60 DA l’unité selon la qualité du produit. Le sable criblé est au prix astronomique 24000 DA le camion de 14 tonnes. Le sable fin et lavé ne coûte pas moins de 35000 DA, le même camion. Le bois du coffrage est quant à lui, définitivement fixé à 1100 DA le basting de 4 mètres. Ajouter à tout cela, les frais de la main d’œuvre qui engloutissent le gros des budgets. C’est comprendre par là que les citoyens modestes même en retroussant les manches, pour devenir maçon et ouvrier, et soutenus par l’état grâce à la formule de l’aide à l’auto-construction de 70 millions de centimes, peinent à réaliser leurs logements. Les meilleurs arrivent avec beaucoup de mal et de gymnastique à daller leurs futures habitations qu’ils n’auront pas le plaisir d’occuper avant plusieurs années encore. Un des bénéficiaires de l’auto-construction que nous avons rencontré du coté de Souk El Tenine, regrettera : « J’ai bénéficié de l’aide de 50 millions de centimes. Aujourd’hui, je ne fais que regarder cette carcasse qui a englouti toute mes économies et celles de mon vieux. Son intérieur n’est ni crépi, ni revêtue. Quant au reste, je n’ose même pas rêver. Les matériaux de construction sont trop chers. L’aide de 50 millions, et maintenant de 70 millions, ne sont pas suffisantes et ne pourront jamais suffire à terminer véritablement un logement. Pour le vérifier, il suffit de voire combien coûte un simple F3. Etant chômeur depuis de longues années, j’ai perdu espoir de retrouver du boulot et de concrétiser mon rêve de posséder un appartement décent et de fonder un foyer». Comme lui, ils sont des centaines à Souk El Tenine et à Maatkas. Ils attendent un geste de l’état qui leur sera sans doute salvateur. Un poste de travail ou, à défaut, une rallonge financière pour achever leurs habitations et penser à fonder un foyer.

Hocine T.

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