La Dépêche de Kabylie

La commune est pourtant connue pour être le réservoir du versant sud de la wilaya – Mechtras souffre de la rareté de l’eau potable

Une situation intenable et incompréhensible pour des centaines de foyers à travers le chef-lieu communal.

L’eau potable se fait de plus en plus rare à Mechtras. Des citoyens font part du manque d’eau sévissant dans leurs quartiers depuis plus de deux mois. «Ce n’est pas acceptable de voir l’eau couler à flot sur l’axe de la RN30 et qu’à quelques dizaines de mètres plus haut, elle se fait désirer. Nous ne recevons cette denrée rare que pendant quelques heures et une seule fois par semaine. Au moment ou le secteur concerné s’enorgueillit de la disponibilité de l’eau 24/24 heures. Avec l’arrivée des grandes chaleurs nous n’allons pas rester les bras croisés si la situation perdure. Les responsables concernés doivent trouver une solution avant que les choses ne dérapent. Nous avons saisi toutes les parties pour une distribution équitable et juste de ce précieux liquide, mais en vain. Nous ne demandons pas de disposer de l’eau à temps plein mais il faut qu’on ait notre part», ne cessent de réclamer les citoyens rencontrés à Mechtras. En effet et selon les déclarations de nos interlocuteurs, les quartiers : Igrane Guili, Tansawt, Ahettu et Aït Ali Aïssa souffrent le calvaire en matière d’approvisionnement en eau potable. Les citoyens n’ont d’autre choix que d’acheter des citernes tractables même en hiver. Leur appréhension est grande sachant que l’été est à nos portes. Une période ou la demande sur cette denrée s’accroît. La mauvaise gestion de l’eau est pour nos interlocuteurs la seule explication : «L’eau existe en abondance mais sa répartition et sa gestion ne sont pas à la hauteur», clament-il.

Manque d’eau à…Mechtras ! Un véritable paradoxe

De tout temps, la localité de Mechtras est réputée pour être le réservoir d’eau étanchant la soif des localités voisines comme Maatkas, Souk El Tenine, Tizi Ntléta et Boghni. La situation géographique de la plaine de Mechtras est pour beaucoup dans la disponibilité de l’eau dans les lieux. Une région de basse altitude, entourée des collines de Aït Imghour, Ighil Imoula, Aït Abdelmoumène et Tighilt Mahmoud et au sud, par le majestueux Djurdjura, fait que l’eau abonde en grande quantité. La fameuse fontaine du roi, à elle seule, peut alimenter plusieurs milliers de foyers. Les rivières descendant de la montagne comme celle de Ighzer Nath Hidja et Amlouli peuvent à elles seules alimenter des dizaines de villages. Dans le temps pas très lointain, l’eau coulait dans les rigoles, aménagées pour l’irrigation, en hiver comme en été. Aujourd’hui, ces rivières sont polluées et la célèbre fontaine du roi a été sabordée et son eau se déverse dans l’oued pollué. Du coup, l’eau vient à manquer. La négligence ne pardonne jamais. Le secteur concerné et les responsables locaux n’ont jusqu’à présent rien fait pour réparer et exploiter l’eau de la fontaine du roi. Les rivières ne sont pas dépolluées. Le citoyen continue à payer les frais de cette négligence avérée. Un véritable paradoxe. «Nous avons interpellé le secteur concerné pour trouver une solution. Une réunion de travail au siège de la daïra s’est tenue la semaine passée avec les responsables concernés dans l’optique de régler ce problème. Il parait que rien n’est fait pour le moment», indique pour toute réponse le P/APC de Mechtras. Les nombreux citoyens devront ainsi prendre leur mal en patience et attendre le bon vouloir des responsables concernés et de leurs représentants.

Hocine T.

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