La communication autour du débrayage des postiers de la wilaya de Bouira fait cruellement défaut, allant même jusqu’à provoquer une certaine incompréhension des citoyens
En effet, les employés des bureaux de postes de la wilaya sont en grève depuis mardi, répondant ainsi au mot d’ordre de leur syndicat.
Cependant, leurs revendications ne sont pas très claires, du moins ,elles ne sont pas connues des citoyens comme le démontre cette déclaration de Habib, jeune cadre : » Ce mouvement, contrairement aux autres n’est pas très véhiculé on entend que les postiers sont en grève, mais personnellement, je n’ai pas la moindre idée de leurs revendications « .
Un autre citoyen dira à ce sujet : » Ah bon, Ils sont en grève ? Mais pour quelle raison ? Je n’ai lu aucun communiqué faisant état de leur débrayage « . Ces témoignages illustrent parfaitement le manque d’information et de communication des postiers.
Essayant d’en savoir plus sur ce mouvement de protesta, une virée à travers plusieurs bureaux de postes de la wilaya renseigne sur l’état d’esprit des grévistes, et là c’est un autre mot d’ordre ou plutôt une consigne stricte : Ne rien communiquer, ne rien déclarer. Tous les postiers interrogés disent : » Moi, je ne peux rien dire, adressez-vous à la cellule de communication « .
C’est assez étrange, des postiers qui observent un arrêt de travail afin de revendiquer leurs droits, mais qui refusent de s’exprimer sur le sujet… Allant s’enquérir de la situation auprés de ladite cellule de communication, en l’occurrence celle de la poste de Farachati, l’une des plus importante de la ville de Bouira, demandant à rencontrer le directeur de cette dernière, le planton de service, commet un lapsus révélateur de ce refus de communiquer, lisez plutôt : » Il m’a dit de vous dire, qu’il est en réunion « .
Qu’à cela ne tienne, direction la poste centrale de la wilaya, pour avoir de plus amples renseignements. Là pis encore, portail fermé et employés cloîtrés à l’intérieur, l’un d’eux dira : » Vous ne voyez pas qu’on est en grève ? Que venez-vous faire ici ? « .
S’apercevant qu’il avait affaire à la presse, cet employé modère ces propos, en disant : » On a rien à vous dire et si vous souhaitez plus d’informations, adressez-vous à notre receveur « . Il ajoute : » On a reçu des consignes strictes de ne pas s’adresser à la presse, je m’en excuse « . A la question sur l’origine de cette consigne, il déclare : » Elle vient d’en haut ! » .
Voulant s’entretenir avec le receveur de cette poste, afin d’éclairer l’opinion publique au sujet de cette grogne, ce responsable était aux abonnés absents.
En conclusion, nul ne sait exactement les causes de ce débrayage des postiers, et quand on sait que le but d’un mouvement de protestation est d’informer l’opinion publique, cette dernière reste plus que dubitative quant aux réelles revendications de ce corps de la Fonction publique.
Ramdane B.

