Athlétisme Adouane Abdelkrim DTS de l’AMC Béjaïa – ‘’Il faut que nos responsables croient en l’actuelle composante de l’athlétisme‘’

Nous avons accosté, au stade OPOW de Béjaïa, le DTS de l’AMCB, M. Adouane Abdelkrim qui nous a parlé des problèmes que rencontre la discipline au niveau de la wilaya et des solutions pour y remédier.

La Dépêche de Kabylie : Comment évaluez-vous les résultats des clubs Béjaouis lors des dernières compétitions ?

Abddelkrim Adouane : Pour ce qui est des résultats des clubs de notre wilaya, je pense qu’ils sont très satisfaisants et très encourageants. Je pense que nos résultats sont proportionnels aux moyens dont nous disposons qui sont très insuffisants. On peut citer, entre autres, le manque de matériels pédagogiques et d’infrastructures, surtout pour les lancers, marteau, disque et perche…

Quelle est la situation réelle du lancer au niveau de la commune de Béjaïa ?

Nous disposons de pas moins de 8 clubs au niveau de la commune de Béjaïa, avec un seul terrain à Benallouache, qui est partagé avec le football, pour les épreuves de lancers, nous faisons un sacrifice en nous déplaçant, avec nos athlètes et le matériel nécessaire, jusqu’à la plage d’EL Maghra, pour faire nos séances de lancer, se sont des entraînements qui nous reviennent très chers, en louant le transport 3 fois par semaine, de plus pour s’entraîner dans des conditions qui ne sont pas idéales, car il n y a pas de cage.

Le stade Benallaouche est surchargé, surtout avec le football et les autres clubs d’athlétisme, le stade OPOW ne dispose plus de terrain, depuis le remplacement du gazon naturel par une pelouse artificielle, c’est malheureux qu’un complexe comme celui-là ne dispose pas de terrain réplique pour faire des lancers, donc je peux dire que les conditions d’entraînements de l’athlétisme sont vraiment dérisoires au niveau de notre wilaya.

Certains responsables du sport nous parlent de la piste de l’OPOW, alors que celle-ci n’est que rarement disponible, les mardi, vendredi et samedi, le stade est fermé car il y a les programmations des rencontres de football, donc je me demande vraiment quand les jeunes pourraient-ils s’entraîner, surtout qu’ils sont tous scolarisés.

Peut-on connaître la position des responsables, que ce soit au niveau de l’APC ou de la DJS, par rapport à tous ces problèmes que vous vivez ?

Les responsables du sport au niveau de notre wilaya ne s’intéressent pas à nos doléances, ils nous disent toujours de travailler avec ce qu’il y a. On aimerais bien disposer d’un stade spécialement pour l’athlétisme au niveau de la commune, les solutions existent, s’ils veulent concrétiser ce projet, par exemple on pourrait aménager à l’OPOW un espace pour les lancers, au niveau de l’annexe où un vaste terrain est toujours abandonné, ou aménager la piste du stade scolaire, avec tous les accessoires, ils peuvent aussi aménager un petit stade d’entraînements au stade Benallaouache, sans oublier d’améliorer la piste de l’OPOW. Je pense qu’avec de petits projets, les clubs peuvent souffler un peu. Trouvez-vous normal que pour organiser une compétition, on doit prendre en considération la programmation des matchs de foot.

Quel est votre avis sur le stade spécial athlétisme de Souk El Tenine ?

Certes le stade de Souk El Tenine est un grand acquis pour la discipline, mais il ne réglera pas le problème, car ce n’est pas tout le monde qui va en profiter, un athlète de Sidi Aïch ou d’Akbou ne peut venir jusqu’à Souk El Tenine pour s’entraîner, il serait préférable de faire un autre stade au chef-lieu de la wilaya, et un autre à Sidi Aïch, car se sont des pôles de développement. Il y a des gens très compétents dans la vallée de la Soummam qui ne peuvent faire que du bien pour la discipline, pourquoi pas aussi un autre à Amizour, les terrains existent et les moyens financiers aussi, donc il suffit d’un peu plus de volonté de nos autorités pour lancer ces projets.

Des rumeurs circulent sur l’aménagement d’une piste d’athlétisme au niveau du terrain officiel du stade Benallouache, serait-elle une solution ?

Concernant la piste du stade Benallouache, c’est un acquis pour la discipline et ça va désengorger un peu le stade OPOW, mais je pense que sa place est au niveau du petit terrain annexe car sur le terrain principal, il est impossible de s’entraîner lors des déroulements des matchs de football, donc on revient toujours aux mêmes problèmes

Vous avez surement un appel à lancer aux autorités locales ….

J’espère que les autorités locales se pencheront un peu sur cette discipline, car les sacrifices des athlètes, des entraîneurs et des dirigeants de clubs sont énormes et les résultats obtenus ne sont venus que grâce à la volonté de tout le monde et, un jour, la volonté disparaîtra et il ne restera plus rien sur les terrains, et là ils vont se gratter la tête en disant qu’on aurait du les aider et bâtir de solides bases avec l’ancienne génération.

Je dirais aussi qu’il faut que nos responsables croient en l’actuelle composante de l’athlétisme en lui offrant les moyens pour ériger une assise solide pour le développement de la discipline. L’état doit profiter de cette génération de cadres au sein de la discipline, c’est des gens très volontaires, que ce soit les dirigeants ou les entraîneurs.

Il serait étonnant qu’à l’avenir, il y aura une autre génération capable de se sacrifier autant, il faut don lui donner tous les moyens, surtout infrastructurelles, car on ne peut pas parler d’académie et de développement de sport sans des structures d’accueil spéciales à la discipline, que ce soit en football, en athlétisme, en gymnastique, natation … Il faut qu’il y est des salles spécialisées, il faut éliminer la cohabitation entre les disciplines, il faut spécialiser les infrastructures et ne plus parler de salle OMS, il faut calquer sur les modèles européens et les pays qui nous dépassent dans ce domaine, il ne faut pas aller loin, la Tunisie et le Maroc font des salles et des terrains spécialisés avec tous les moyens nécessaires. Ce n’est pas normal qu’à l’OPOW on ne trouve pas de piste où faire des footings, tout est bitumé.

Le comble, ils pensent à faire l’extension du stade, j’aimerais bien que les autorités en construisent plutôt un autre car son extension provoquera des répercussions négatives sur la sécurité des gens. Un stade de 40 000 personnes au cœur de la ville va se répercuter sur la sécurité des citoyens, je souhaite que l’argent qu’ils vont gaspiller pour l’extension soit destiné pour la construction d’un autre stade, en dehors de la ville.

Entretien réalisé par Zahir Hamour