Bouira Clôture de la sixième édition du livre amazigh – Un net recul

Le chapiteau de la sixième édition du Salon du livre et du multimédia amazighs a libéré l’esplanade de la Maison de la culture Ali Zamoum, mercredi soir. La manifestation avait, quatre jours durant, sorti, du moins sur le plan formel, Bouira de son engourdissement culturel. Elle avait surtout, d’une manière implicite, rehaussé et donné un sens à la souvenance du Printemps berbère magistralement ignoré par « les faiseurs de la culture » locaux.

C’est aux environs de 17heures, après la remise des prix aux élèves soumis aux épreuves de dictée en tamazight et de dessin, qu’il sera procédé à la clôture officielle du Salon.

Hachemi Assad, le premier à intervenir ne fera pas dans la complaisance pour dire les manquements et les ratages de la manifestation. A ce propos, il convient de souligner que, contrairement à l’édition précédente, le livre amazigh n’a pas, et c’est le moins que l’on puisse dire, drainé grand monde (chose qui a, en premier lieu, frustré les éditeurs). Il faut dire que ce regrettable état de fait incombe essentiellement à la non implication du secteur de l’éducation et du centre universitaire dont bien entendu ‘’l’incontournable’’ département de langue et culture amazighes. Chose inouïe, les étudiants du DLCA ont saisi l’opportunité de l’avènement du Printemps berbère et celui du Salon du livre pour partir… en excursion à El Taref. Peut- être que pour la septième édition, le HCA jettera son dévolu sur la wilaya d’ El Taref : il y trouvera les étudiants du DLCA de Bouira. C’est sur ce triste constat que la sixième édition du Livre baissera rideau. L’autre triste constat a été relevé lors du cérémonial de clôture : le représentant du wali, pourtant bon kabylophone, discourra dans un arabe et un français châtiés et ne dira en tamazight, sa langue première, qu’un proverbe qu’il insérera en sandwich entre les deux langues. Et dire que Tamazight est constitutionnellement « mieux lotie » que le français ! Décidément, les vieux automatismes résistent !

Salas. O. A