Huit membres de la coordination syndicale Naftal COM – CBR de Oued Aïssi, dont deux femmes, ont entamé depuis le 10 avril dernier, une grève illimitée de la faim
Cette action extrême s’est voulue un moyen de dénoncer les conditions socioprofessionnelles dans lesquelles ils évoluent. Contacté par nos soins, un membre de la coordination syndicale nous informe qu’ils étaient neuf travailleurs à avoir entrepris cette grève de la faim. « Un de nos camarades a été évacué à l’hôpital à cause de son état de santé », nous déclare notre interlocuteur.
L’état de santé justement de ces autres grévistes devient tout aussi préoccupant dans la mesure où ces derniers sont toujours sans couverture médicale ni psychologique d’ailleurs. « Les grévistes de la faim sont toujours, sans couverture médicale ni aucune assistance psychologique et privés par-dessus tout de la sympathie et des soutiens des travailleurs et des syndicalistes de la même zone industrielle » ajoute le membre de la coordination Naftal COM-CBR de Oued Aïssi.
» Nous sommes séquestrés » ironisa-t-il. Notre interlocuteur précise que depuis le début de la grève, aucun responsable que ce soit de l’UGTA ou de l’entreprise n’a daigné se rapprocher d’eux. » La direction de l’entreprise refuse le dialogue et la direction nationale de l’UGTA nous ignore « , dira -t-il avec amertume.
Devant cette situation, l’union locale de la zone industrielle Aissat Idir de Oued Aissi, en guise de soutien aux grévistes, lance un appel à tous les travailleurs et syndicalistes de la même zone à venir massivement participer à un rassemblement initié à l’effet de dénoncer » la politique de l’injustice que pratique la direction de Naftal Commercialisation à l’égard du mouvement syndical, notamment les grévistes de la faim « .
Dans une déclaration parvenue hier, à notre rédaction, l’union locale de la zone industrielle soutient que » de mémoire des mouvements sociaux qui ont marqué le monde du travail jamais une attitude de non assistance à personnes en danger de mort n’a été observée par quiconque avec une telle indifférence « . Notons que ce mouvement de grève qui semble bien parti pour durer, est initié pour réclamer l’amélioration des conditions sociaux professionnelle de travailleurs de Naftal de Oued Aissi.
L’on citera notamment, » la meilleure organisation en reclassant le district de Tizi-ouzou en type A, le rejet de l’organigramme du centre CBR 115C et le CDD 215C. Et aussi doter les stations de GD des moyens adéquats, et la mise à la disposition des chefs de station de moyens matériels nécessaires à la pratique de leurs travail au sein de l’établissement, le réaménagement de l’atelier mécanique de Tizi-ouzou, recrutement de convoyeurs, la prise en charge médicale totale des agents par le CMS en remplacement au système qui prévaut actuellement, à savoir les feuilles de malades. Les syndicalistes veulent aussi voir cesser » la politique de deux poids, deux mesures utilisée par la direction concernant la postulation aux postes d’encadrement « .
Les contestataires réclament également la permanisation de tous les agents temporaires et le redéploiement des agents de sûreté interne dans des postes vacants.
Par ailleurs, et dans un autre point, ils dénoncent l’atteinte à la liberté d’exercice du droit syndical, et réclament par là même la restitution du bureau syndical confisqué par la direction et l’établissement d’une décision d’affectation définitive conformément à la réunion du 20 décembre dernier.
Aussi, les syndicalistes mettent en exergue la » non concrétisation du protocole d’accord signé le 16 juillet 2008 avec la direction”. Il à signaler que ce protocole a été précédé par une grève de la faim initiée par des syndicalistes.
Ainsi et dans le but de soutenir ces huit grévistes » pour ne pas les laisser mourir seuls « , et afin de porter à la connaissance de leur direction les points inscrits dans leurs plate forme de revendication, la coordination Naftal COM-CBR appelle à un rassemblement de tous les syndicalistes et les travailleurs de la zone industrielle de Oued Aïssi, demain, à partir de 9h, devant le District Naftal. C’est pour eux une une façon » d’exiger que l’exercice syndical ne soit plus entravé et les droits des travailleurs ne soient plus confisqués « .
T. Ch.

