Des décors envoûtants mal exploités

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La wilaya de Tizi-Ouzou, notamment sa région sud, est connue pour ses sites paradisiaques et ses beaux paysages que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.

De sublimes collines verdoyantes, surtout en cette saison printanière, semblent monter droit vers le ciel pour effleurer les quelques rares nuages refusant, encore, de céder devant l’arrivée des rayons du soleil qui se font de plus en plus chauds, poussant les bourgeons à s’ouvrir et donnant naissance à une floraison aux couleurs intenses. Tout cela bien encadré et protégé par le majestueux Djurdjura, faisant ressortir un décor des plus attrayants et des plus apaisants pour les esprits les plus préoccupés. C’est là la belle Kabylie ! De Béni Douala, aux Ouadhias en passant par Maâtkas, Assi Youcef, Mechtras et Boghni, la splendeur de la nature émerveille et enchante les visiteurs. Hélas, les sites hôteliers, les auberges de jeunes et autres espaces à vocation de rentabiliser ces merveilles de Dame nature, manquent à l’appel. Hormis l’hôtel de Tala Guilef et celui de Tikjda, rien d’autre ! Chose faisant que le tourisme est un vain mot et est vidé de tout sens. Des daïra sans infrastructures hôtelières les plus simples et des communes qui ne disposent d’aucun site d’hébergement, ne font, du coup, que décourager les touristes, même locaux. A Aït Ergane, dans la commune d’Agouni Gueghrane, un village perché entre deux flancs du Djurdjura, le paysage est si captivant qu’il pourrait, à lui seul, constituer une source de rentabilité importante pour tous les habitants de la région, Malheureusement, les infrastructures d’accueil, de restauration et d’orientation n’existent tout simplement pas. A Assi Youcef, une commune au pied de la montagne, une région envoûtante de par ses décors paradisiaques, ses cimes ensoleillés et ses ruisseaux coulant à longueur d’année, le constat est le même, pas de trace de restos, ni d’auberges et, encore moins, d’hôtels. Un vide hôtelier béant. A Maâtkas, c’est toujours la beauté divine, mais rien d’autre. Les hommes n’ont rien prévu, en vue de rentabiliser ces beaux sites. Comme dira un des habitants, « Dieu nous a tout donné pour vivre heureux dans cette région. Les hommes, malheureusement, n’ont rien fait pour. La forêt Amjoudh, si elle se trouvait ailleurs, aurait fait l’objet d’un grand intérêt et d’une politique promotionnelle digne de sa beauté. Mais, comme elle a ce tort de se trouver en Kabylie, on l’a abandonnée aux sangliers et aux sanguinaires ! ». Au lieu de réfléchir à doter la Kabylie en moyens infrastructurels, dans l’optique de valoriser et de rentabiliser cette généreuse nature, on la laisse crouler sous des tonnes d’immondices et de différents déchets. Pour s’en rendre compte, il suffirait de regarder à gauche comme à droite de la chaussée. La négligence, des uns et des autres, menace l’environnement et la beauté de la Kabylie. Les autorités et les responsables concernés sont invités à intervenir pour éviter à l’environnement de prendre un mauvais coup et, pourquoi pas, d’inscrire des projets à même de lancer le tourisme dans la région. Les citoyens doivent aussi faire l’objet de plus de civisme et de responsabilité en évitant ces comportements qui ne font qu’enlaidir la Kabylie.

Hocine T.

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