Le 31e anniversaire de Tafsut Imazighen a été fêté dans une ambiance et une parfaite symbiose par la population de la daïra de Maâtkas.
De Tizi Lilane à Tighilt Mahmoud en passant par Aït Aïssi Ouziane et Souk El Khemis, le mouvement associatif à travers les différentes associations culturelles et sportives ont tenu à faire de cette journée phare dans l’histoire contemporaine de la kaylie, une journée festive, commémorative et une halte pour comptabiliser les acquis et s’organiser davantage en vue d’acquérir les revendications encore d’actualité. Au chef-lieu communal de Maâtkas, c’est la JSC Maâtkas qui a, faut il le signaler, pris le taureau par les cornes. Les jeunes encadreurs se sont consacrés pendant toute la matinée à l’organisation d’un cross au profit de toutes les catégories dans les deux sexes. Rien n’est laissé au hasard et toutes les parties ont joué le jeu. A commencer par les éléments de la sécurité qui ont bien encadré le parcours allant de Bouhamdoun au centre névralgique de Maâtkas (la grande place de la mairie). La protection civile, la santé les autorités communales et une foule nombreuse agglutinée de chaque coté de la chaussée, sont venus encourager les coureurs. La compétition s’est déroulée plutôt dans une ambiance bon enfant. A midi, des centaines de personnes étaient présentes dans la salle omnisports, toujours en dégradation avancée malheureusement, dans l’optique d’assister aux différentes exhibitions prévues. Les élogieux chants de Slimane Azem, du chantre de la chanson Kabyle Matoub, de Ali Ideflawen et de Ferhat Imazighen Imoula ont déjà fini par subjuguer les esprits qui n’avaient d’autre choix que de remonter dans le temps pour se remémorer les événements du printemps de 1980 et du printemps noir de 2001, qui a coûté la vie à au moins 126 jeunes tombés sous les balles assassines des forces de sécurité restés impunis au jour d’aujourd’hui. A Maâtkas justement trois des plus valeureux fils de la localité ont connu malheureusement le même sort. Après avoir écouté l’hymne national et observé une minute de silence à la mémoire des tous les martyrs de l’Algérie, on donna l’occasion aux autorités locales, au président de l’association organisatrice et au secrétaire général de la même association de discourir. A l’occasion, le SG, M. Ali Raib, reconnaîtra : «Les jeunes des années 80 et de 2001se sont sacrifiés pour la reconnaissance de notre véritable identité spoliée des siècles durant. Grâce à eux, Tamazight est promue langue nationale, deux instituts de langue Amazigh sont ouverts et elle est enseignée dans nos écoles. Le combat n’est pas encore fini bien entendu. Sa promotion et son officialisation sont notre finalité». Sur ce, on donna le signal de l’ouverture des exhibitions. Les amateurs des arts martiaux, toutes disciplines confondues ont foulé le tatami par des démonstrations martiales ayant émerveillé l’assistance. Le moment le plus fortement attendu est sans aucun doute l’entrée en lice de la vice championne… du monde, oui du monde, dans la discipline vovinam viet vodao. Elle c’est Moklat Ouiza, elle est venue avec son équipe d’Alger et a réussi à impressionner les présents par des démonstrations de haute facture. Elle a d’ailleurs insisté à accorder un long entretien à la dépêche de Kabylie à paraître dans un de nos prochains numéros. De toutes les manières, les festivités se sont déroulées dans les règles de l’art et l’ensemble des lauréats et des lauréates du cross ont eu droit à des médailles, des diplômes d’honneur et des survêtements. En l’espace d’une journée, la JSCM a réussi à briser la monotonie qui caractérise la localité.
Hocine T.
