Aucune goutte d’eau n’est sortie, hier, du barrage de Tichy-Haf qui alimente l’ensemble des villes de la vallée de la Soummam depuis Akbou jusqu’à Béjaïa, une situation inédite qui risque malheureusement de perdurer.
Dans une initiative autant inédite qu’éprouvante, les populations de Ait-Rezine et de Bouhamza ont organisé un blocus en règle de la station de production des eaux située juste en aval du barrage. Les ouvriers de cette station principale où s’effectue le traitement biochimique des eaux livrées par le barrage, ont été purement et simplement empêchés de rejoindre leurs postes de travail.
Cet arrêt forcé du fonctionnement de la station de traitement d’Ait-Rezine induit un assèchement des robinets pour tous les foyers des villes de la vallée. Environ un demi million de personnes sont, concrètement, privées d’eau. D’une capacité de 75 millions m3, le barrage de Tichy-Haf alimente depuis plus d’une année, toutes les villes du couloir Akbou-Béjaïa. L’Algérienne des eaux (ADE-Béjaïa) pense d’ores et déjà à réintroduire l’alimentation de la ville de Béjaïa depuis la source Bleue (Kherrata) et organiser un système d’approvisionnement par citernes. Le chef de la station de traitement d’Ait Rezine, a, via les ondes de Radio Soummam, lancé un appel pathétique à la levée du blocus.
Les protestataires qui ont déjà reçu la visite du chef de Daïra et de nombre d’autres responsables refusent de bouger d’un iota si le wali de Béjaïa ne vient pas en personne s’entretenir avec eux. Un wali retenu, hier, par une session ordinaire de l’Assemblée populaire de wilaya.
M. B.

