On n’a pas besoin d’être économiste pour savoir que lorsque le prix d’un produit n’augmente qu’en période de pénurie, c’est-à-dire quand l’offre est inférieure à la demande, ou alors quand des évènements inattendus, comme la flambée des prix du pétrole, produisent une situation de crise. Or, alors qu’on nous annonce à grand cri que les quantités de sucre disponibles excèdent largement la demande nationale, voilà le prix du produit, à la consommation, qui prend son envol. 70 dinars le kilo: c’est du jamais vu ! Les explications savantes du phénomène ne manquent pas, notamment par le système Fifi (first in first aout), ou »premier arrivé, premier servi », qui a provoqué le rush des importateurs algériens, donc l’augmentation des prix sur le marché international. Le consommateur, lui, ne comprend rien. Ou plutôt ne comprend qu’une chose : à l’approche du ramadan, on cherche encore à le saigner. « On », ce sont les importateurs, les grossistes, les détaillants, marchands, épiciers, et tous ceux qui entrent dans le système de commercialisation. Le consommateur n’aura pas seulement à payer plus cher son sucre mais le prix du précieux produit va se répercuter sur toute une série d’autres produits, notamment ceux qu’on consomme en période de ramadan : le qalb-Iouz, la zlabia et autres qtayef. Sans oublier, le miel de synthèse, qu’on utilise en abondance pour les gâteaux de l’aïd. La question qui se pose est évidente : Qui se sucre derrière cette augmentation inattendue, mais apparemment bien planifiée ?
S. Aït Larba
