La menace d’une sècheresse aux retombées catastrophiques sur la céréaliculture et l’agriculture en général étant définitivement écartée grâce aux importantes chutes de pluie de la 3e décade du mois d’avril, c’est une autre menace et des plus sérieuses qui pointe du nez et donne des cauchemars aux agriculteurs de la région de M’Chedallah, notamment les bénéficiaires des ex-fermes de l’OAIC, les légendaires plaines d’Oughazi.
Ces agriculteurs qui affichent une inquiétude non feinte font part d’un incroyable phénomène, même s’il n’est pas nouveau mais qui a néanmoins pris une ampleur sans précédent cette année. Ce sont des nuées de moineaux qui s’attaquent aux épis des céréales sur lesquels ils commettent des ravagent.
Ces agriculteurs racontent que les champs d’orges qui devancent les autres céréales dans l’éclosion et la formation des épis sont d’ores et déjà perdus et que ceux du blé dur et de la farine (blé tendre) subiront sans aucun doute le même sort.
C’est un phénomène tellement étonnant et difficile à croire qu’une fois sur les lieux, c’est avec effarement que nous découvrons d’importantes surfaces d’orges, dont la tige dépasse 1,20 m du niveau du sol. Les épis ouverts ne gardent que l’enveloppe, les grains ont été picorés par des nuées de moineaux, composées chacune de centaines de ces petits oiseaux qui n’ont rien à envier aux essaims de sauterelles en matière de capacités de destruction et de voracité avec en plus leur familiarité avec la présence humaine, au point où rien ne les effarouche : ni les épouvantails, ni les bruits sonores. Un effarant fléau devant lequel ces malheureux s’avèrent impuissants et incapables de faire quoi que ce soit pour protéger leurs champs, en voyant disparaître dans les becs les récoltes de céréales.
Il nous a été donné de constater cette véritable catastrophe qui se présente sous forme d’étendues à perte de vue de champs de céréales desquelles ne restent que les tiges et les enveloppes des épis vidés de leurs grains. L’ampleur des dégâts et la menace réelle qui pèse sur la récolte de milliers d’hectares de blé et de farine appellent à une implication de l’état à travers ses services agricoles, afin de réduire le nombre de ces moineaux dénommés localement «Iziouech», par des opérations d’épandage d’insecticides, tant que rien n’est encore perdu, sachant que la maturité du blé et de la farine n’arrivera à terme que vers la fin du mois de mai. Une période durant laquelle ces oiseaux s’attaqueront a cette récolte, d’autant plus que les mêmes paysans nous informent que ces nuisibles oiseaux s’en prennent aussi aux arbres fruitiers qu’ils «soulagent» de leurs productions.
Dans de nombreux pays qui cultivent les céréales tels que la France et le Canada, un produit inoffensif et sans retombées sur l’écologie a été mis au point et utilisé.
Son odeur chasse les oiseaux des champs de céréales sans les tuer.
Oulaid Soualah
