Le bilan des activité des services de médecine de travail qui ont pour mission de conseiller les employeurs et les travailleurs sur les exigences requises pour maintenir un milieu de travail sain et salubre et surveiller la santé des travailleurs dans le cadre d’un programme d’activité préétabli en fonction des risques professionnels, relève des insuffisances dans la couverture sanitaire des travailleurs qui ne dépassent pas actuellement le seuil des 30 % en dépit de l’arsenal juridique et législatif. Sur les 3,5 millions de travailleurs actifs, seulement 752 875 salariés sont couverts par les services de médecine du travail des structures sanitaires publiques, ce qui est très faible bien que le nombre des conventions établies entre les entreprises et les services de médecine du travail ont augmenté pour avoisiner le chiffre de 7 000. Les secteurs d’activité qui enregistrent le plus grands nombre de risques professionnels et de maladies de travail sont les plus couverts par les services de médecine du travail et le secteur de l’industrie figure en tête avec un taux de couverture de 26,35 %. Sur l’ensemble de l’effectif des travailleurs couverts par ces services, plus de 38 % sont exposés au moins à un risque, que ce soit physique dans 10,74 % des cas, biologique (10,56%) ou chimique (8,99%). Quant à la surveillance médicale particulière, il a été relevé un nombre de plus de 400 000 travailleurs qui y sont soumis. Parmi les pathologies dépistées en milieu du travail et qui se sont élevées l’année dernière à 41 835, certaines affections telles que les ostéo-articulaires (13,98%), les affections ophtalmiques (13,96%) et cardio-vasculaires (9,07%) dominent et il est à noter également que les affections psychiatriques augmentent sensiblement chaque année. Au-delà du bilan et des chiffres avancés par la direction des actions sanitaires spécifiques, des constats sont faits et des actions et mesures s’imposent pour la promotion et le maintien du plus haut degré de bien-être du travailleur car le nombre de salariés couverts par les services de médecine du travail reste insuffisant en raison du refus de certains employeurs de contracter des conventions et le non-respect d’autres entreprises conventionnées de la programmation des visites médicales périodiques et des recommandations du médecin du travail. Ce qui nécessite l’installation de commissions paritaires d’hygiène et de sécurité pour constituer le cadre de concertation employeurs-travailleurs afin de mettre en place une politique de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. L’autre problème que rencontre les services de la médecine du travail est l’insuffisance des moyens humains et techniques car, compte tenu du nombre insuffisant de médecins spécialistes en médecine du travail, les médecins généralistes ont été habilité à exercer cette dans ce secteur, d’où la nécessité de procéder à la formation des généralistes dans le cadre du certificat d’études spécialisées et de dispenser une formation continue aux médecins du travail et aux auxiliaires médicaux. S’ajoute à celà l’insuffisance des équipements et des moyens d’investigation complémentaires et de métrologie d’ambiance pour l’évaluation des facteurs de risques et le dépistage des pathologies professionnelles. Un autre obstacle à l’exercice des services de la médecine de travail a été également soulevé en ce qui concerne la prise en charge par la sécurité sociale du remboursement des prescriptions car certains assurés continuent de se voir refuser par la CNAS le remboursement des prescriptions médicales délivrées par les médecins du travail, pénalisant ainsi les assurés sociaux et entravant le développement de la médecine de travail. Eu égard à toutes les lacunes et insuffisances précitées, on a appris que l’inspection du travail envisage la mise en place d’une inspection généralisée de la médecine du travail avec le concours des services de la santé.
H. Hayet
