Demain lundi, les agents communaux du versant sud de la wilaya de Tizi-Ouzou qui, rappelons-le, ont massivement suivi le mot d’ordre de grève illimitée par le SNAPAP, vont entamer leur deuxième semaine de protestation.
En plus de tous les services assurés par les APC, telle la délivrance des pièces administratives qui est à l’arrêt, ce sont des monticules d’ordures ménagères qui commencent à se former sur les trottoirs des centres urbains, allant de Tizi N’Tleta jusqu’à M’Kira, à l’extrême sud de la wilaya. La population commence déjà à craindre la propagation de maladies notamment avec ces températures inhabituelles du mois de mai qui grimpent de jour en jour. Les chiens errants, les rats et autres rongeurs retrouvent ainsi leur terrain de prédilection. A Draâ El Mizan, à titre d’exemple, des centaines de personnes se présentent chaque matin devant la mairie dans l’espoir peut-être de voir le mouvement de grève suspendu. L’ex-bureau central délivrant des documents administratifs pour ceux inscrits sur les registres lors de l’époque de l’ex-commune mixte qui couvre plus de quatorze communes, est le plus convoité. « Je viens de Mechtras pour me faire délivrer les actes de naissance de mon grand-père et de mon père, pour demander un certificat de nationalité mais je suis surpris de voir que tout est fermé. Certes, ces agents ont le droit de faire grève, mais au moins, ils auraient pensé à un service minimum », nous dira ce citoyen de Mechtras. Comme notre interlocuteur, ils sont nombreux à se retrouver dans cette situation. Le même constat est fait dans la quasi totalité des municipalités, à l’exception de celles de Frikat et d’Aït Yahia Moussa qui n’auraient pas répondu au mot d’ordre de grève générale. « Les pouvoirs publics doivent assumer leurs responsabilités. Nous avions déjà observé deux grèves de trois jours chacune, mais nos revendications sont restées sans réponse. Si les citoyens se plaignent, cela nous dépasse car tous les secteurs passent à ces ultimes actions pour demander leurs droits », nous a confié un cadre syndical affilié au Snapap. Notre interlocuteur a tenu à remercier tous les agents communaux qui ont suivi ce mouvement, même s’ils ne sont pas affiliés à son syndicat. « C’est le combat de tous. Il faut que cette hogra soit bannie », a-t-il poursuivi. Et de conclure: » Nous n’allons pas abdiquer car nous savons que nos droits sont bafoués. Nous sommes la risée de tous ». Si cette grève se poursuit encore quelques jours, la situation serait insoutenable d’autant plus que c’est tout le monde qui a besoin des services de ces communaux.
Amar Ouramdane
