Une nouvelle ligne électrique de haute tension est en cours de réalisation et devrait traverser plusieurs wilayas sur son itinéraire d’Alger à Béjaia. Le projet confié à un investisseur étranger (égyptien) avance rapidement. Le tracé de cette ligne est tenu loin des agglomérations et zones habitées, à une distance suffisante par mesure de sécurité eu égard au danger que cet ouvrage présente avec ses 3000 volts. Pour l’acheminement du matériel et des matériaux nécessaires (fil, ciment, etc. ), l’entreprise a commencé par aménager une piste le long de ce tracé qui traverse d’importantes zones forestières, en particulier au niveau du territoire de la daïra de M’chedallah. Jusque-là, il n y a rien a dire, tout projet de développement ou d’utilité publique est le bienvenu. Ce qui est navrant et révoltant, cependant, c’est la façon dont a été réalisée cette piste. A chaque endroit qui présente une légère difficulté, elle est abandonnée pour être reprise des centaines de mètres plus loin. Si l’entreprise a opté pour ce système pour gagner du temps et de l’argent ce qui est logique et principe même de tout opérateur privé, il n’en` demeure pas moins que les services des forêts et de l’environnement, concernés au premier degré par tout ce qui touche à la végétation, doivent veiller à tirer profit, un profit qui doit contribuer d’abord à la préservation des forêts. Cette piste, telle qu’elle est actuellement entrecoupée en plusieurs endroits n’est d’aucune utilité et est appelée à être abandonnée dès les travaux sur cette ligne terminés. Elle ne serait qu’une blessure qui enlaidirait le panorama. Par contre, en reprenant ces retouches, elle feront en premier lieu office de pare-feu, ensuite de voie d’accès aux véhicules de la protection civile qui ont toujours un mal fou à atteindre le cœur de ces forêts à chaque incendie. Enfin, et c’est le plus important, elle offre un moyen inespéré aux services de sécurité motorisés pour sécuriser ces zones répétées fiefs des terroristes avec des champs minés autour de leurs casemates. La joie des citoyens qui suivent avec un intérêt particulier cette piste qui commence à prendre forme, surtout entre Assif Assemadh et Chorfa, en plein milieu de la vaste forêt qui donne des sueurs froides aux riverains par le danger qu’elle représente en cas d’incendie dont les conséquences seront incalculables et pour l’agriculture et pour les nombreuses agglomérations implantées à la lisière de cette jungle au sens large du terme. Le massacre de plusieurs milliers de pins d’Alep, de buissons luxuriants et autres espèces végétales qui font le poumon de toute la région mérite bien qu’on pense à le rentabiliser au maximum et profiter de cette aubaine pour sa mise en valeur et sa préservation. Il est possible de joindre l’utile à l’agréable. Il suffirait d’un peu d’ingéniosité, mais pourquoi n’a-t-on pas envisagé cet aspect du projet quand les clauses du marché ont été arrêtées ? Un simple avenant de travaux supplémentaires réglerait cette aberrante lacune au bonheur des citoyens et de plusieurs secteurs étatiques.
Omar Soualah
