Pratiquement tous les souscripteurs du projet des 60 lgts LSP, sis au quartier de la Révolution, à l’ouest de la ville s’y sont installés dans leurs nouveaux appartements, il y a quelques de mois de cela, à l’exception des deux acquéreurs, en l’occurrence M.Younsi et F. Kacer. Ces derniers ne tarderont pas à le faire. Cependant, ils n’occuperont pas les appartements qui leur ont été livrés, “non-conformes’’ et “pas similaires’’ aux tous autres de la cité d’après eux, mais ils “squatteront’’ des appartements conçus comme des services
Cela s’est passé le soir du jeudi 5 mai, indique-t-on, après un ultimatum lancé à l’adresse de l’entreprise réalisatrice “pour régulariser leur situation’’.
Dix (10) jours sont passés depuis que M.Younsi et F.Kacer ont pris possession de deux appartements de service, encore en travaux, du premier étage du bloc E. Par cette action de “squat», ces acquéreurs ont mis pour ainsi à exécution leur menace d’investir les lieux. Les deux bénéficiaires ont, rappelons-le, mis en demeure dans une requête adressée à l’entreprise réalisatrice ainsi qu’à différents responsables, et dont nous détenons une copie, “de régulariser leur situation sous huitaine’’. Pour ces deux pères familles qu’on a rencontrés avant-hier sur les lieux, la décision de recourir à cette action a été la seule solution qui s’offrait à eux, et ce, après qu’ils aient épuisé de tous les recours possibles. “ Nous avons presque frappé à toutes les portes pour faire valoir nos droits, sans que quiconque n’intervienne pour solutionner notre problème’’, nous déclare M Kacer, un des acquéreurs rencontré sur les lieux en tenue de travail. Notre interlocuteur s’affairait à débarrasser le sol, non encore revêtu, des débris de ciment jonchant le sol. Dans cet appartement n°1, des séparations, du carrelage, de la peinture et des travaux restent encore à faire. M Kacer compte d’abord nettoyer le sol et installer des sanitaires pour pouvoir emmener sa famille s’y installer. Il y travaille d’ailleurs depuis 10 jours. Son ami, M Younsi, l’autre acquéreur ne tardera pas à débarquer en compagnie de sa famille. Il occupe lui l’appartement n° 2 d’en face. Tout comme Kacer, il s’attelle au même travail en vue de s’y installer dans les prochains jours. Il reconnaît que les conditions sont précaires et ne s’y prêtent pas pour habiter lui et sa famille, mais il avoue qu’il n’a pas trop le choix. “ J’ai longtemps nourri le rêve de m’installer dans mon propre appartement, et finir enfin avec la location, j’ai cru que c’était chose faite après que j’ai souscris à ce logement LSP. Mais au final, on m’a proposé un logement exigu dont les chambres sont en forme de trapèzes’’, nous déclare-t-il d’un air dépité. Et d’ajouter “ je n’accepterai jamais d’habiter cet appartement, ce n’était pas ce qu’était convenu au départ. Et le comble, c’est que ni moi ni l’autre acquéreur n’ont été conviés au tirage au sort. Cela s’est fait en notre absence. Et on a eu droit à des appartements non-conformes, indécents, pas similaires à ceux de la majorité des acquéreurs’’. M.Kacer enchaîne en disant que c’est n’est pas par gaieté de cœur qu’ils se sont lancés dans cette action qui leur a valu une convocation au commissariat de police, mais par pure obligation mais aussi en l’absence de solution de rechange et de prise en charge réelle du problème. “Ici à Bouira, tout le monde est au courant de notre problème. Nous n’avons jamais cessé d’interpeller les autorités compétentes à prendre en charge notre situation depuis des années. Mais, rien n’a été fait.
Même notre mise en garde quant à un éventuel squat n’a suscité une quelconque réaction. C’est regrettable qu’on en soit arrivé là’’.
Même dans des conditions précaires, (en l’absence de la moindre commodité ndlr), les deux acquéreurs semblent plus que jamais décidés à emménager avec leurs familles dans les prochains jours. De son côté M Damou nous a indiqué que les deux acquéreurs ont été informés par ses soins, par le biais de télégrammes, de la tenue de l’opération du tirage au sort qui s’est déroulée en bonne et due forme en présence d’un huissier de justice. Au sujet des appartements livrés aux deux acquéreurs, il expliquera que ceux-ci sont d’une superficie respectable avoisinant les 70 m2 et demi. M Damou reconnaîtra l’existence de petits angles au niveau des deux appartements mais il refusera de parler de non-conformité ou d’exiguïté. Pour lui, le certificat de conformité délivré par les services compétents de l’Etat fait foi. “Les experts venus sur les lieux n’ont constaté aucune inconformité’’, a-t-il souligné. Ceci dit, M Damou a évoqué une possibilité de revoir le montant des deux appartements. En outre, Il fera remarqué qu’il a invité les deux acquéreurs a signé les VSP, mais ils ne l’ont pas fait. Cela fait plus de deux ans que ça traîne, selon lui. “ Si les appartements ne leur plaisentpas, je ne peux rien faire pour eux’’, a précisé l’entrepreneur. Revenant sur l’action du squat, notre interlocuteur notera que la justice a été saisie et que chacun assumera ses responsabilités. De leur côté les deux acquéreurs espèrent une intervention du premier magistrat de la wilaya auquel ils lancent un appel, pour qu’il mette un terme à cette situation qui n’a que trop durée.
Djamel M

