Seddouk Pour pallier à la grève des éboueurs – Les citoyens se mobilisent pour l’enlèvement des ordures

Le pourrissement s’installe dans les villes et les villages de la commune de Seddouk où des ordures ménagères s’amoncellent un peu partout dans les quartiers, suite à la grève illimitée déclenchée par le syndicat des agents communaux il y a quelques jours.

En effet, des quantités énormes d’ordures ménagères et de détritus entassés gênent considérablement les résidents. Les poubelles, placées dans les quartiers de la ville et des villages, débordent de partout et dégagent des odeurs nauséabondes de par la décomposition des déchets qu’elles renferment. Une situation qui importune, à plus d’un titre, les citoyens, comme les résidents de la cité Ighil Hamama, dont certains ont décidé d’organiser, mardi passé un volontariat pour l’enlèvement des ordures ménagères dans leur cité. Les citoyens du Village de Tibouamouchine, dans le douar d’Amdoune N’Seddouk, ont, eux aussi, organisé jeudi passé un volontariat et débarrassé leur village des ordures qui jonchaient de partout. Par contre, les citoyens des autres cités et villages se sont contentés de demander à l’APC des camions et des chauffeurs de la voierie pour le nettoyage de leurs quartiers, une demande qui leur a été refusée. « En effet, des citoyens ont sollicité l’APC pour l’octroi de camions et de chauffeurs de la voierie communale pour l’enlèvement des ordures ménagères qui s’entassent dans leurs quartiers, nous n’avons pas pu répondre favorablement à leur demande du fait que le personnel communal est en grève », informe l’adjoint au maire, Mohand Tayeb Touati. En attendant qu’une éventuelle solution soit trouvée, la situation devient de plus en plus intenable dans les quartiers, offrant des images affreuses avec des décharges érigées partout.

Et le service minimum ?

La grève des communaux donne l’aperçu d’une vieille forme de lutte syndicale, inefficace et totalement coupée des masses. La grève crée, dans les rues de la ville de Seddouk et les villages limitrophes, un entassement géant de déchets. Bien entendu, le but d’une grève consiste justement à démontrer que le travail fourni est indispensable, mais le manque de réflexion pour que cet objectif ne soit pas charcuté en offrant par exemple un service minimum, par respect aux citoyens et de ce fait pour eux-mêmes, est nécessaire. De pareils mouvements finissent par irriter les masses qui constatent, avant tout et à juste titre, le caractère malsain du non ramassage des poubelles dont elles sont les premières victimes. En effet, ce genre d’actions n’occasionne aucune gêne particulière pour les autorités, lui facilitant même le travail de division des masses pour servir leurs propres intérêts. À la limite, le secteur sera privatisé en partie puis entièrement. Les citoyens, les mieux avertis, ont entrepris de ramasser eux même les ordures ménagers de quelques placettes et grandes rues, sauf que les déchets jonchent chaque coin et recoin de la ville, ainsi, les seddoukois tentent tant bien que mal d’offrir une image de citoyens responsables. C’est toute la conception des villes et la gestion des déchets qu’il faut contester. Il s’agit là d’une dimension culturelle de masse qui ne se contente pas de relancer mécaniquement la grève mais trace la voie d’une civilisation nouvelle privilégiant l’harmonie avec la nature. Et il appartient, justement, à une base autonome portée par la classe ouvrière de concevoir la planification économique selon les intérêts du peuple et dégageront la perspective d’un environnement retrouvé puisque le citoyen algérien est propre.

L. Beddar / S. Chibane