Se sentant abandonnés par les pouvoirs publics, les protestataires ont laissé libre cours à leur colère. A l’aide de pneus brûlés, blocs de granit et autres objets hétéroclites, ils avaient barré durant plus de quatre heures, le tronçon de route reliant le centre-ville de Boumerdès à leur quartier puis l’une des voies principales menant vers Alger via Corso ou Boudouaou.A l’origine de leur colère, un imbroglio incroyable dans la gestion des affaires de la cité. Alors qu’on réclamait le bitumage d’un tronçon de route de 1 500m menant vers Boukarrouch, les services concernés n’ont entrepris, il y a deux jours, que les travaux de colmatage de quelques nids de poule au niveau de ladite chaussée. Ce qui fait exploser de nombreux chef de famille.A cette principale revendication, se greffent d’autres problèmes sociaux restés en suspens, entre autres, l’inexistence de la couverture sanitaire et le manque criant d’eau potable.Bâti il y a quelques années au cœur de ce quartier, un dispensaire est actuellement fermé. L’un des bureaux de cet établissement abrite, à présent, une cellule de proximité qui “ne joue pratiquement pas son rôle de liaison entre les citoyens et les responsables concernés”, s’insurgent encore d’autres manifestants.Tout en se démarquant du mouvement de protestation, le président de l’association locale El Amel explique, lui, que le maire et son équipe ont promis, il y a trois ans, de satisfaire les doléances des habitants de Boukarrouch. L’engagement ne s’est guère inscrit dans les faits, alors qu’on se prépare à d’autres échéances électorales. Notre quartier est devenu un dépotoir pour les communes environnantes et les services de voirie ne passent jamais par-là.Nos interlocuteurs nous traînent aussi vers ces ruelles poussiéreuses et boueuses en hiver. Et voyez-là, nous disent-ils ces eaux usées et ces déchets jetés par des gérants de poulaillers installés juste à côté.La foule continue, dans le même temps, à crier. “Que l’Etat se rappelle de notre existence, en dehors des échéances électorales”, s’exclame-t-on.Ni le chef de daïra ni le président de l’APC, ni encore les patrouilles de gendarmes et de policiers n’ont pu les convaincre de lever les barricades pour le rétablissement de la circulation. On réclamait durant plusieurs heures la présence du premier responsable local de l’exécutif.Le chef de cabinet du wali aurait reçu, en fin d’après-midi, a-t-on appris, une délégation de protestataires. A intervalles réguliers, les habitants d’autres quartiers de la périphérie de Boumerdès ont soulevé pratiquement les mêmes problèmes.
Salim Haddou
