Bejaia Port de pêche et de plaisance de Thala Guilef – Le projet réceptionné fin août

Un imposant appareil de levage trône au milieu d’un tas de matériaux de carrières. Deux jetées s’étirent sur des centaines de mètres protégeant le port des ondes marines.

Des ouvrages d’accostage dont deux quais et six appontements attendent d’invisibles pêcheurs et plaisanciers. Deux minuscules barques tanguent au gré d’une légère brise marine. Plus de sept hectares de terre ferme ou plutôt sept hectares de terre rocailleuse, six autres hectares de plan d’eau, une cale halage, une estrade pour réparation, un tirant d’eau ainsi qu’une passe de 80 mètres linéaire attendent de recevoir les dernières pelletés de béton ou de bitume.

Le port de pêche et de plaisance de Tala Guilef à l’Ouest de Béjaia commence à prendre forme. L’ex-crique tant prisée par les estivants était sous la grisaille lundi dernier, à la faveur d’une visite de travail qu’a effectuée Abdelkader Khalil, délégué au développement du ministère de l’Intérieur sur le site. Confié au groupement des travaux des ports de Béjaia (GTPB), le projet sera réceptionné fin août de l’année en cours. Il a été inscrit au chapitre des programmes complémentaires de soutien à la relance économique (PCRE) le 19 juillet 2006. Et les travaux ont été engagés neuf mois plus tard, soit le 17 mars 2007. Un marché de 3 088 985 273, 68 DA confié à trois entreprises dont deux entreprises nationales et une autre turque (AS-INSAAT-AS). Situé à moins de 22 kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Bejaia, le port de pêche et de plaisance de Tala Guilef dont le taux d’avancement des travaux est de 85% viendra en appoint dans les tout prochains mois renforcer les capacités d’accueil pour la pêche. Autre impact attendu du projet : la création de nouvelles structures pour le développement de la plaisance et, par ricochet, de l’industrie du tourisme à Béjaia.

La capacité théorique du port en termes de production est présentement estimée à 10 900 tonnes par année. Peut-être un peu plus ou un peu moins. Les quais peuvent accueillir 15 chalutiers, 30 sardiniers, 40 métiers 15 navires de pêche hauturière et 50 embarcations de plaisance de taille moyenne (de 09 à 15 mètres).

Une fois réceptionné le nouveau port de pêche de Tala Guilef fera à coup sûr des heureux dans les rangs des jeunes chômeurs demandeurs d’emploi. Au moins 1000 postes d’emplois directs et autant d’emplois indirects seront pourvus par le secteur de la pêche à Bejaia d’ici trois mois. Mieux que ça, les conditions de travail de la corporation des pêcheurs seront nettement améliorées, assure-t-on.

Le secteur de la pêche et des ressources halieutiques dans la wilaya de Béjaia a bénéficié aussi de plusieurs opérations au titre du schéma directeur de développement des activités de pêche et de l’aquaculture mis en œuvre par le ministère de tutelle. Dans ce cadre, un abri de pêche sera réalisé à Béni K’sila. Inscrit cette année, les travaux de sa construction ne sont toujours pas lancés. Théoriquement, le port accueillera 80 unités de pêche dont des sardiniers et des petits métiers avec une production annuelle de 2200 tonnes par année. 720 emplois directs et indirects seront crées une fois cette infrastructure mise en exploitation. Dans la commune de Toudja, une étude est en cours pour la réalisation d’une plage d’échouage à Tighramt. Elle a été confiée l’an dernier au laboratoire des études maritimes d’Alger. La flottille de pêche immatriculée à Bejaia comprend présentement 191 unités, dont 18 chalutiers, 34 sardiniers, 138 petits métiers et 01 corailleur inactif en raison se la suspension de l’activité. Sur une flottille de 191 unités, 123 en sont inactives, donnant un taux d’immobilisation de 35%. Le nombre d’inscrits sur le registre des effectifs marins intervenant dans le secteur de la pêche à Bejaia est de 1370, dont 131 patrons, 48 mécaniciens et 1209 marins, soit un taux d’embarquement de 45%. La production annuelle débarquée en 2010 a été d’environ 2700 tonnes, dont 90% de poissons bleus, 07% de poissons blancs et 03% de diverses espèces. En ce qui concerne l’aquaculture marine, trois projets sont en cours de réalisation : une ferme piscicole à Tazeboujt et deux autres aquacoles à Béni K’sila. Les efforts déployés pour booster le secteur de la pêche visent au final à faire de la wilaya de Béjaia un pôle industriel en la matière qui couvrira la région Centre-est à savoir les wilayas de Boumerdes, Tizi Ouzou et Béjaia.

Dalil S.