L’archéologie en péril

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Des vestiges, de toutes les époques, berbères, romaines, turques et françaises, sont éparpillés sur tout le territoire de la daïra M ’Chedallah qui forme, ainsi, un immense musée archéologique à ciel ouvert. A commencer par les pierres rupestres berbères d’Ath Ali Oukaci, dans la commune de Saharidj, découvertes il y a presque 10 ans lors de la réalisation d’un réseau d’assainissement à Thala Larbaâ. C’est lors de ces travaux que des dizaines d’inestimables pièces archéologiques ont été retrouvées sur une surface avoisinant un hectare. Sur la colline d’Achaivou, c’est une partie d’un cimetière berbère (Ath Salah), composé de 42 tombes qui a été «déterrée» par un godet de bulldozer engagé dans des travaux de terrassement. Les Ath Salah ont quitté la région vers les années 1700 pour éviter les représailles des turcs dont l’officier tyran Ou Abdallah Fen a été tué par des membres de cette tribu à cause du racket qu’il leur imposait (la tombe de cet officier se trouve aussi à Thakidhount prés du plus ancien village du Aarch Amchedal, Ath Ivrahim en l’occurrence). Un autre site, celui du Fort Turc d’Assif Assemadh, bâti en 1600 et à la même époque que celui de Draâ El Bordj à Bouira et le Fort Turc d’Ath Vouali, dans la commune d’Ath Mansour, est intact et présente un fort intérêt historique. En plus de ces vestiges, un cimetière datant de la préhistoire a été récemment découvert à Thakerboust, dans la commune d’Aghbalou. D’autres, plus récents mais renfermant toute une page d’histoire, sont encore visibles en haute montagne, à Saharidj, tel que le pont d’Ighzer Ouhadad d’Ath Hemmad, le bassin de rétention et la centrale électrique d’Illithen, réalisés tous les trois dans les années 1920 par les forces coloniales, en utilisant comme main d’œuvre des prisonniers marocains déportés durant l’insurrection du Rif (Maroc). Cela pour ne citer que les vestiges connus et apparents sans compter d’autres qui seraient encore enfouis et qui ne demanderaient qu’à être déterrés.

O. S.

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