Ahnif Le choix de l’emplacement du château d’eau étant contesté par une partie de la population – Le projet d’AEP de Teksrai et Ighil N’Aït Ameur compromis ?

Le P/APC, M. Soum Med Salah, nous a fait part de l’opposition de plusieurs citoyens au passage sur leurs terres de la canalisation du transport d’AEP à partir de la source «Sidi Aïssa» vers le site du réservoir d’eau en cours de réalisation. Les contestataires exigent de revenir au premier choix de terrain.

Le responsable du BET HYDROPOL chargé du suivi du projet, présent lors de l’entrevue, nous expliquera que le choix du terrain d’assiette du château d’eau répond à plusieurs critères avantageuses, telles que la couverture maximale d’habitations en matière d’adduction, estimée selon notre interlocuteur à plus de 80 % et cela en plus de l’existence à proximité du château d’eau de deux forages réalisés par l’entreprise chinoise intervenant sur l’autoroute pour les besoins de ses chantiers. Le responsable du BET envisage de renforcer, à partir de ces forages (abandonnés), le débit du réseau d’AEP en question. En quittant l’APC, nous fûmes intercepté par un groupe de citoyens parmi ceux qui s’opposent au projet qui nous attendaient dossier en main pour nous informer du mobile de leur opposition Ces citoyens réfutent la thèse, présentée par le maire et le BET, et affirment que le premier choix de terrain pour l’emplacement du château d’eau, effectué dans les années 1990, serait beaucoup plus utile en raison d’une gravitation du terrain plus profitable, ajouté à un taux d’adduction individuelle plus élevé. Les signes d’une révolte détectés dans ce groupe ne nous laissa pas d’autres choix que celui de demander à être conduits sur les lieux, d’abord pour créer une diversion, ensuite pour vérifier de visu ce qui est rapporté dans leurs requêtes et pétitions Une fois sur les lieux du premier choix de terrain, au lieudit Thililt N’Salem, force est de reconnaître que cette colline est un peu plus élevée par rapport à celle retenue actuellement pour la réalisation de cet ouvrage en litige (du moins a vue d’œil), on a même l’impression que les deux villages, bénéficiaires de cette opération, sont situés en légère surélévation par rapport au château d’eau, d’où l’évocation par le responsable du bureau d’étude de la nécessité de réalisation d’une station de refoulement Ce qui nous a amené a pousser nos investigations plus loin pour cerner les tenants et les aboutissants de ce litige qui risque de priver, pour longtemps encore, ces deux villages déshérités de la région de M’Chedallah de l’alimentation en eau potable. Le téléphone du 1er bureau d’étude ne répondant pas, nous n’avions pas pu recueillir sa version, nous nous sommes rapproché du service local de l’hydraulique où une source nous apprendra que pour des raisons qu’elle ignore, ce premier BET n’a pas pu mener à terme l’étude du projet et que le nouveau site, contesté a fait objet d’un choix de terrain approuvé par la commission de Daïra, notre interlocuteur ne manquera par de souligner, à son tour, que la présence des deux forages ont pesé sensiblement sur le choix de ce nouveau site. Sur un autre volet, la suspicion des protestataires est renforcée par le fait que l’emplacement du nouveau site se situe sur les terres appartenant à un proche du P/APC, ce qui fait apparaître un nouveau mobile de litige qui n’est autre que l’excédant d’eau pouvant être utilisé pour l’irrigation des vergers. Un autre argument, relevé dans une requête adressée à titre personnel au P/APC par l’un des protestataires du village Tameziavt, reprochant à ce dernier d’avoir entamé les travaux du tracé du réseau d’AEP qui traverse des propriétés privées sans que les propriétaires n’en soient avisés. Ce citoyen fait accompagner sa requête par une proposition de céder, sans exiger de contre partie, une parcelle de ses terres pour recevoir l’ouvrage en litige (château d’eau). En conclusion, signalons que des signes de détermination et d’inflexibilité sont affichés par les parties en conflit, des positions fermes des deux cotés qui ont fait avorter la tentative de conciliation entamée par le chef de Daïra

Devant ce blocage, les belligérants font, chacun de son coté appel à l’arbitrage du wali qui doit dégager une solution rapide pour éviter une aggravation du conflit qui pénaliserait des centaines de familles des deux villages qui attendent impatiemment l’arrivée de l’eau dans leur foyer.

Oulaid Soualah