Il a de tout temps raflé les prix, les premiers prix, faut-il le préciser, des festivals et concours de poésie auxquels il a participé et ce, depuis son plus jeune âge. Son verbe est tranchant. Il réincarne à travers ses vers, un Si Muhend enfoui en ses tréfonds, un Lbachir Amellah endormi depuis un moment…Lui, c’est Amirouche Amwanes. Son premier album est sur le marché depuis un moment. Outre les sujets qu’il décortique à travers ses vers chargés d’images et de tableaux fascinants, Amirouche fait dans le Slam. Un style étranger à nos mœurs musicales qu’il introduit avec une touche de maître. Avec délicatesse ! Le jeune slameur est hanté par le désir de décrire la passion qui l’habite, (la poésie), avec un ensemble d’images qui se réveillent sous un Slam conçu pour rehausser le mot. Amirouche fait dans l’abstrait. Il part, au cœur de l’inconnu, de l’incertitude pour y puiser ses vers. Son mot et ces brûlures qui l’animent, en touchant les soupirs et les bruits. Sa poésie est ce lit de caresse faite de mots chatoyants et irrésistibles à la manie de l’artiste. Amirouche Amwanes a fait appel à des musiciens de talent pour confectionner le côté musical de son premier album. Yuva Sid et son frère Belaid Branis, secondé par Samir Sebbane, le trio a su agrémenter l’album de Amirouche d’un fond musical des plus réussis. Le reste était l’affaire du poète qui déclamait sa prose pour ne pas sentir l’horrible fardeau des temps revêches brisant les rêves. Avec la poésie de Amirouche Amwanes, il faut s’enivrer sans trêve de la belle senteur de mots ciselés de sorte qu’ils poussent le sens au fond de ses perceptions. Avec un chapelet de poèmes traitant plusieurs sujets, allant de l’amour à la mort et un jeu de mots, de la joie et aussi de la douleur, Amirouche nous transporte sur un air chargé de la beauté de ses vers. Il excelle dans le poème lyrique. Son lyrisme se présente comme un endroit de discussions où le «Je» est y manifesté d’une manière omniprésente. Ce «Je» de Amirouche définit en fait, sa relation avec le monde externe, ses changements, ses procès et ses regards. A travers ses textes, Amirouche met en avant ses mouvements qui l’animent. A travers ces mêmes textes, le poète devance les règles que l’on connaissait à notre poésie. Loin des sentiers battus, il construit son texte sur une idée qu’il expose à travers ses truchements et ses variations pour aboutir à une finalité faite de récit et de déduction… Refusant le rafistolage et la facilité la poésie de Amirouche Amwanes est cette expression vivante et exigeante d’un monde qui entoure le jeune poète. Ces textes sont le reflet de l’âme et la sensibilité qui habite le peuple dont il est issu. Sa prose est aussi le reflet des paysages et de la culture de ce même peuple qui, de toute son histoire, a été fait de mots. Il vit par et pour le mot. Sa vie, dans son ensemble est oralité. Son album est composé de dix chansons. Idudan, (les doigts), où l’artiste décrit les fonctions de tout un chacun. Anda yeggan yides (où se repose Morphée). Le poète s’adonne à ce jeu incertain d’ y aller au fin fond de l’inconnu et se poser les questions si le doute …doute ! Sin leqrun aka gher zdat (deux siècle devant nous), yellis n-seltan, yenna, tikuvay n-ssem, inid ayen akken tenni-d… sont autant de compositions que Amirouche offre, pour cette expérience dans le Slam, à celles et à ceux qui vont découvrir cette beauté artistique qu’il a confectionnée comme premier pas dans le monde de l’édition. Le jeune artiste est sur plusieurs autres projets, lui qui est sûr de sa lancée…
M. Mouloudj

