La Dépêche de Kabylie

EPSP d’Ahnif Laboratoire de cytologie et de dépistage du cancer du col – Un léger effectif pour un lourd plan de charge

Ce laboratoire d’analyse et dépistage du cancer du col de l’utérus unique au niveau de la wilaya de Bouira entré en service en 2007 tourne avec un effectif réduit a l’extrême soit : un médecin, un laborantin principal et enfin deux biologistes employées dans le cadre du pré emploi.

Un effectif qui est de très loin insuffisant par rapport au volume de travail auquel il fait face. Un travail minutieux qui consiste au dépistage du cancer du col dont les échantillons des «frottis» qui parviennent des quatre coins de la wilaya dans ce laboratoire exige un travail de détection et un strict respect du calendrier. Une activité ou ne sont permis ni erreur, ni encore moins retard. En raison de sa spécificité nous nous sommes rapprochés de ce service de la santé installé au 1er étage du centre de santé d’Ahnif pour avoir de plus amples informations sur son fonctionnement et son volume de travail. L’exiguïté de ce service qui dispose uniquement de 2 pièces. La première servant de bureau, la seconde aménagée en laboratoire où sont effectuées les analyses et dépistage, une exiguïté légèrement compensée par une finition des plus réussies à base de marbre et faïence brillants d’une propreté impeccable. Sur le volet équipements nous apprenons que tout le matériel et appareillages indispensables sont suffisamment disponibles. ne serait-ce cette contrainte majeure du manque d’effectif qui constitue une sérieuse entrave pour faire face au volumineux et délicat travail qui doit être effectué dans les délais limités dont les statistiques se présentent comme suit : de juin à décembre 2007, ce sont 222 frottis qui ont été traités et les résultats remis aux patientes, 2008, 493, 2009 556 échantillons de frottis ou analyses traités, 2010, 1088 et enfin de janvier à juin 2011, 885 analyses expédiées. Comme nous apprenons sur les lieux qu’un spécialiste en Anapathologie exerçant a l’EPH de Bouira effectue des consultations périodiques au niveau de ce laboratoire, ce qui donne une idée précise sur l’étendue et le volume des activités de ce service. Une source exerçant dans ce laboratoire déplore ce qui convient de qualifier de «déperdition des biologistes», spécialistes instables recrutés dans le cadre du contrat CID par la DAS pour une période allant de 2 a 3 ans et qui sont libérés en fin de contrat après avoir été formés dans ce laboratoire et acquis de l’expérience, ces biologistes sont soit récupérés par les laboratoires privés qui tirent profit de leur expérience, soit ils vont grossir les rangs des chômeurs. Notons enfin, que pour faire face à toutes ces contraintes énumérées, l’ensemble du personnel exerçant dans ce laboratoire unique use d’une méthode des plus payantes pour alléger le fardeau du volumineux travail. Celle de créer une ambiance et un cadre de travail agréable confirmé par des sourires radieux qui illuminent les visages d’un personnel féminin complètement décontracté et décomplexé et surtout serviable à souhait au point où l’on se surprend à rêver d’un tel cadre fait de convivialité et servitude au niveau de toutes les structures de la santé. Un cadre qui ne demande ni effort ni dépense d’énergie mais seulement une petite dose d’humanisme et de professionnalisme. Hélas ! Ce n’est pas pour demain que ce genre de comportement se généraliserait dans ce secteur de la santé et encore moins d’ailleurs dans nos administrations.

Oulaid Soualah

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