Vendeurs de galettes ou de cigarettes, saisonniers dans les champs agricoles, maçons dans les chantiers ou encore ramasseurs dans les décharges publiques, le travail des enfants en Algérie est une réalité implacable.
La question est remise au goût du jour, voir disséquée chaque 12 juin qui coïncide avec la Journée mondiale contre le travail des enfants. Pour cette année, l’Organisation internationale du travail (OIT) a braqué les feux de la rampe sur le travail dangereux qui menace la santé des enfants et freine leur croissance physique et même mentale en raison de leur vulnérabilité. Certes, les chiffres dans notre pays ne sont pas alarmants, assure-t-on du coté du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, qui a célébré hier l’événement, mais force est de constater que le phénomène demeure présent dans notre société.
Mieux, le département de Tayeb Louh est catégorique et relève avec certitude que l’Algérie n’est pas concernée par les cas des pires formes de travail des enfants, se référant à cet effet aux nombreuses enquêtes effectuées à ce sujet. Les pouvoirs publics avancent un taux de 0,3% de nos enfants qui sont exploités dans le travail alors que l’UNICEF, par la voix de son représentant en Algérie, évoque le chiffre de 340.000 enfants-travailleurs dans notre pays recensés lors d’une enquête. Une goutte dans un océan comparativement aux 215 millions d’enfants qui travaillent dans le monde dont 115 millions sont occupés dans des travaux dangereux.
En matière de réglementation, l’Algérie s’est toujours conformée à la législation internationale en ratifiant notamment les principales conventions relatives à l’enfance. On citera à ce propos la Convention relative aux droits de l’enfant adoptée en 1989 et ratifiée par notre pays en 1992 ou encore celle de l’interdiction des pires formes de travail des enfants, ratifiée en 2000. Au registre de la législation interne, il y a lieu de relever la loi 90/11 du 21 avril 1990 dont l’article 15 stipule clairement que » l’âge minimum requis pour un recrutement ne peut en aucun cas être inférieur à 16 ans, sauf dans le cas des contrats d’apprentissage « . La même loi indique par ailleurs » qu’ » un mineur ne peut être recruté sans autorisation de son tuteur légal « .
A cela s’ajoute le dispositif national pour la prévention et la lutte contre le travail des enfants, en vigueur depuis 2003, qui a mis en œuvre une stratégie intersectorielle et qui tend surtout à durcir les sanctions contre les employeurs qui comptent des enfants parmi leurs effectifs.
Hakim N.

