Médecin chez les Berbères est le titre d’un récit autobiographique de Raymond Fery. L’auteur raconte avec talent et une rare élégance de style, l’histoire de sa vie passée en Algérie, son pays natal qui l’a vu naître et grandir. Natif d’Aokas en 1912, une charmante et attrayante station balnéaire de la cote est de Béjaïa, l’auteur fait une approche des populations ambiantes de deux régions berbérophones d’Algérie, en l’occurrence la haute vallée de la Soummam et les Aurès, où il avait exercé durant des années comme médecin de la colonisation. Ce sont ses souvenirs de l’exercice professionnel le plus varié qu’il évoque dans le récit. Depuis son jeune âge, il rêvait de devenir le médecin de la colonisation. Il a pleinement réalisé sa vocation, d’abord dans les Aurès, à Arris plus exactement, de 1937 à 1939, puis de 1941 à 1946, dans l’une des merveilleuses régions de Béjaïa, à Seddouk plus exactement, avant d’être affecté à Alger comme inspecteur de la santé. Durant une exaltante et austère mission, Raymond Fery met en évidence la confrontation d’un jeune médecin avec une communauté autochtone, retranchée dans ses traditions et ses réticences. Avec beaucoup de sacrifices, de dévouement et de succès thérapeutiques, il est arrivé à conquérir les cœurs et les esprits des rudes montagnards chez qui il en a observé les mœurs et les coutumes, comme un médecin admis dans les foyers, auprès de l’accouchée, au lit du malade, au chevet du mourant, etc. S’exprimant bien dans les trois langues (français, kabyle et arabe), c’est l’une des raisons qui l’ont amené à opter pour les Aurès et la Kabylie, deux régions d’Algérie qu’il décrit comme étant les plus traditionalistes. Dans ses mémoires, c’est un récit captivant et riche en émotions que Raymond Fery livre aux lecteurs. Auteur de plusieurs ouvrage, il est mort à Toulouse en 1995.
L. Beddar