Né en 1974 à Chemini dans la wilaya de Béjaïa, Yeddou Faudil pense que la culture c’est ce qui reste à faire quand on a tout oublié. Partant de cette idée, c’est en 1990, c’est-à-dire à l’âge de 16 ans qu’il a commencé à faire parler de lui, en composant des pièces de théâtre que jouait la troupe Tazyat, dont il était membre. Homme de conviction travaillant sans répit pour la promotion de la culture amazigh, il vient de se lancer dans l’écriture en réussissant un roman intitulé Reku n’teméti qui ne fera qu’enrichir la palette du livre amazigh déjà en vogue ces dernières années. Ce nouveau romancier ne s’arrêtera pas là il pense éditer un deuxième dans deux mois et un troisième avant la fin de l’année. Rencontré à l’occasion d’une exposition de son livre à la cité universitaire Berchiche I, il nous a accordé cet entretien.
La Dépêche de Kabylie : Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans l’écriture ?
Yeddou Faudil : Depuis longtemps, j’aime l’écriture surtout lorsque je fréquentais des personnes mûres et instruites qui m’ont beaucoup aidé sans oublier les relations que je tissais au sein de l’association Assirem Oumazir et ses fidèles adhérents et membres actifs.
Que racontez-vous dans vos écrits ?
Tout d’abord, il y a trois pièces de théâtres. La première parle de l’homme et sa suprématie sur la femme. Cette dernière pour conquérir son pouvoir sur l’homme est prête à utiliser tous les moyens (sorcellerie, poison, etc.). La deuxième est relative à un homme qui finit en malheureux dans la société et qui trouva les moyens adéquats (superstition oblige) pour renaître et faire passer ses idées, grâce à la sorcellerie. Quant à la troisième, elle parle d’un roi tyrannique vis-à-vis de son peuple. Ayant une fille unique, cette dernière tomba amoureuse d’un homme pauvre, mais le roi tyran refuse catégoriquement cette relation et cela laissa des séquelles sur sa fille qui devint folle. Mais, l’homme se déguisera en mendiant et se présentera comme un guérisseur capable de soigner la fille du roi, à condition qu’il l’épouse une fois ses esprits retrouvés. Réussissant dans sa ruse, à la mort du tyran, il deviendra roi.
Pourquoi avoir opté pour la langue amazighe ?
Primo, c’est ma langue maternelle. Secundo, ce que j’écris est souvent inspiré de la société berbère. Tertio, cette langue doit être prise en charge d’abord par ses enfants.
Peut-on remédier aux maux de la société par l’écriture ?
Evidemment ! Mais l’inconvénient c’est qu’actuellement au sein de notre société les gens n’aiment pas trop la lecture ! Mais l’espoir demeure toujours pour faire passer le message.
Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
Oui, je suis actuellement sur un deuxième ouvrage qui a trait au théâtre. Il s’intitule Yir zwaj lbur axir, ainsi qu’un recueil de poésie.
On vous laisse conclure…
Je souhaite vivement que la crème (l’élite) de notre société écrivains, poètes, monologues ou chanteurs, puisse s’armer davantage de courage, de lutte, et d’espoir pour faire passer le message et remédier ainsi aux maux et fléaux qui rongent notre société.
Interview réalisée par L. Beddar
