Le bras de fer se poursuit entre les transporteurs de voyageurs par bus et la direction des transports de Tizi-Ouzou, suite à la décision prise par cette dernière de fermer la gare routière du chef lieu de wilaya et de leur transfert vers la nouvelle gare multimodale » Kaf Naâdja » sise à Bouhinoun
A l’arrêt depuis vendredi dernier, jour de la décision de fermeture de l’ancienne gare routière, les propriétaires des bus de voyageurs desservant les différentes localités de la wilaya ont observé hier, un sit-in devant la Direction des transports de Tizi Ouzou afin d’exiger la réouverture de l’ancienne gare en attendant la mis en place d’une véritable gare routière selon les normes requises pour ce genre de transport.
« Rendez la gare routière aux transporteurs et aux voyageurs » lit-on sur la banderole déployée par les manifestants à l’entrée de la Direction des transports. Les protestataires agglutinés devant le portail de la direction, ne semblent pas prêts à revenir en arrière selon leurs dires. » Nous exigeons le réouverture de la gare routière de la ville et nous refusons la délocalisation au niveau de la nouvelle gare de Bouhinoun » nous indique un représentant du collectif des transporteurs. Pour lui, ils sont plus de 450 propriétaires de bus à répondre à l’appel du sit-in et tout ce beau monde exige le retrait pur et simple de la décision de leur tutelle. » Nous ne sommes pas contre le nouveau plan de circulation et nous sommes conscients des soucis des autorités de désengorger la ville de Tizi Ouzou mais cela ne devra pas se faire au détriment des transporteurs mais surtout des voyageurs » poursuit notre interlocuteur. Pour les centaines de transporteurs, dont les bus sont à l’arrêt depuis vendredi dernier, au grand dam des milliers de voyageurs , la solution réside dans la réouverture de l’ancienne gare cédée aux taxieurs depuis dimanche dernier, en attendant la mise en place d’une véritable gare routière répondant aux normes. Pour eux, l’actuel gare multinodale de Kaf Naâdja, ne répond à aucune norme car, disent -ils, cette dernière est en réalité une gare ferroviaire. » Ce n’est pas normal de nous transférer vers un lieu qui ne répond à aucune norme et pire encore, ce que les responsables appellent gare Kaf Naâdja n’est en réalité qu’un quai pour les trains. Il n’est donc pas question pour nous de se rendre à ce lieu et nous comptons maintenir la pression jusqu’à la satisfaction de nos revendications « . Il s’agit aussi de la question de la gare type A inscrite il y a cinq ans et implantée au niveau de Boukhalfa. » Pourquoi la direction des transports a enterré le projet de la gare routière à Boukhalfa et céder l’assiette de terrain pour le nouveau stade ? Ce n’est pas normal de nous délocaliser d’une gare qui assure 1300 rotations par jour vers un lieu qui représente un cinquième de la superficie de l’ancienne gare » s’interroge un manifestant. Par ailleurs nous avons appris hier, que les transporteurs qui ont tenu une réunion lundi avec l’inspecteur des transports au ministre de tutelle à Alger afin de lui exposer leurs doléances sont finalement revenus bredouilles. » Nous avons été déçu par les réponses du responsable au niveau du ministère qui n’a pas voulu déjuger ceux de la wilaya se contentant de nous dire qu’il peut discuter de tous les problèmes sauf de celui concernant la délocalisation « . Une manière, estiment les protestataires, que la décision de leur transfert vers la nouvelle gare est irrévocable. Mais cela ne les empêchent pas, ajoutent -ils, car leur mouvement de protestation se poursuivra jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.
Ali.C

