Transport en commun – 4 000 voyageurs transitent quotidiennement par la nouvelle gare routière

Opérationnelle depuis le 2 mai dernier, la nouvelle gare routière de Béjaïa accueille les lignes inter wilayas et les lignes interurbaines. Les liaisons vers le centre ville sont assurées par l’ETUB, une entreprise publique.

Sogral SPA, qui administre cette nouvelle infrastructure de transports en commun, entend appliquer un règlement intérieur très strict qui fait déjà des mécontents. Un premier incident a eu lieu le 15 juin dernier, quand des transporteurs assurant la liaison Sétif-Béjaïa ont observé une journée de grève en signe de contestation. Et pour cause, le nouveau règlement ne leur permet plus de transporter d’autres voyageurs que ceux allant vers Sétif ville. Ils sont priés de faire descendre tous ceux qui vont vers des stations intermédiaires à l’instar de Tichy, Aokas ou encore Kherrata. Cependant, la direction n’a pas cédé assurant que son règlement est là pour mettre fin à l’anarchie qui régnait et à la concurrence déloyale entre les bus. Pour Sogral SPA, il conviendrait de favoriser les têtes de lignes. «Les droits d’accès à la gare que les voyageurs payent servent aussi à enrayer cette concurrence, et ne constituent nullement un moyen d’enrichissement comme certains l’affirment», assure Fares Tazarart, le directeur de ladite société. Pour ce dernier, l’essentiel des ressources de la gare provient des loyers des espaces publicitaires et des commerces qui devraient ouvrir dès la première semaine de juillet. Certains ont tenté de se soustraire au droit d’accès en essayant de monter dans les bus à l’extérieur de la gare. Une fraude contre laquelle le gestionnaire de la gare sévit par 8 jours de suspension d’entrée en gare. Afin de faire régner l’ordre, 35 agents assurent la sécurité des voyageurs et des chefs de quais, enregistrent les doléances des voyageurs et veillent au bon respect du règlement, comme le respect du plan de circulation interne, l’interdiction de racoler ou de harceler les voyageurs, le respect des horaires et des quais mentionnés sur les cartes d’accès. On enregistre une moyenne de 3 000 à 4 000 voyageurs par jour. Des transporteurs trouvent que cette organisation leur permet de travailler dans de meilleurs conditions et assure la fluidité de la circulation dans la ville. Néanmoins, ils regrettent de ne pas avoir plus de temps de stationnement pour embarquer les voyageurs, les 5 minutes prévues par l’administration s’avérant insuffisantes. Cela dit, «c’est le meilleur moyen de ne pas tenir en otage les voyageurs qui souvent attendent impatiemment de démarrer», affirme un chef de quai. Un transporteur desservant la ligne Souk El Tenine- Béjaïa estime que c’est les 45 minutes du trajet qui sont mal calculées. En effet, si le transporteur arrive par malchance en retard, il se voit obligé de repartir sans voyageurs.

Les voyageurs qui transitent par la gare semblent apprécier la nouvelle structure. «Je suis ravie de pouvoir profiter d’un espace non-fumeur et de l’air conditionné», dira l’un d’eux, en provenance d’Alger. «Ce que je préfère le plus, c’est le système de téléaffichage qui nous informe en temps et en heure», ajoute un autre. Par contre, les voyageurs qui utilisent les bus interurbains déplorent l’éloignement de la gare notamment les gens venant d’Amizour, Merdj Ouamen et Tala hamza. ils regrettent l’ancien arrêt dit du «Feu rouge», plus proche du centre ville. Toutefois, les voyageurs et les transporteurs dans leur grande majorité semblent satisfaits de leur nouvelle gare tant attendue et vont l’être encore davantage au vu des nouvelles initiatives prises par M. Boutrif, président directeur général de la société d’exploitation, à savoir la réservation du billet de retour à l’avance et l’installation du Distributeur Automatique de Billets (DAB) conventionnés avec la BDL.

Hassina Benallaoua