A voir dans quel état lamentable se retrouve l’école primaire du village Tabouanant, située à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de commune d’Ighil Ali, il y a vraiment de quoi verser des larmes. Les fenêtres, les portes et les tableaux sont arrachés, l’intérieur des salles de classes est ravagé par le feu et pue la cendre, les tables et les chaises carbonisées. Les logements des instituteurs ont subis également le même sinistre sort. Cette déplorable situation selon les villageois, dure depuis bien longtemps sans que l’on daigne faire un geste pour sa réfection. « je suis profondément déçu et peiné de revoir mon école dans cet état », dira en soupirant un ancien élève de cette école qui est aujourd’hui un cadre de l’Etat et de poursuivre avec regret : « Apparemment si la dégradation continue sur ce rythme il ne restera plus aucune trace de cet établissement scolaire ». « En attendant une probable réouverture, nous demandons aux autorités sa réfection et sa protection parce que d’abord c’est une école et, dans un pays qui se respecte, l’école est sacrée, ensuite elle constitue pour nous un témoin de notre passé », déclare un habitant du village. En outre, il serait vraiment honteux et déplorable qu’à la veille des élections, cette école qui est un bureau de vote, soit laissée dans cet état de désolation. Pour rappel, cette école a été fermée par manque d’élèves pendant ces dernières années. Les quelques élèves du primaire qui vivent encore à Tabouanant souffrent le martyr. Chaque jour que Dieu fait, ils font la navette entre la maison et l’école située au village Ighil Ali et ce, avec le problème de manque de transport. Enfin, à vrai dire, le village Tabouanant n’est pas aussi dépeuplé que le pensent certains. Plusieurs familles y vivent toujours, et pendant la saison estivale le village enregistre le retour d’un grand nombre de vacanciers. « Nous ne demandons pas la mer à boire, mais un minimum de conditions pour pouvoir vivre dans cet endroit qui nous est très cher, comme la réouverture de l’école ou le transport pour nos gosses, le goudronnage de la piste automobile qui est dans un état de délabrement avancé, l’éclairage public, le problème d’eau se pose toujours, pourtant les sources ne manquent pas dans notre région… », déclarent ces villageois. Le chômage également atteint des pics alarmants dans ce village isolé où les jeunes sont livrés à eux-mêmes.
Karim Kherbouche
