l Comme chaque année, au début de l’automne, le village de Tirmitine, distant de quelques kilomètres de la ville de Boghni, a organisé durant la journée de vendredi son habituel rituel que sa population appelle communément « N’wal ». Cet événement, revêtant un caractère beaucoup plus traditionnel que religieux, est admirablement apprécié dans toute la région en raison de la parfaite organisation qui accompagne les différentes cérémonies célébrées à cette occasion. En effet, malgré l’exiguïté du lieu où se sont déroulées les festivités, la déferlante humaine venue en pèlerinage dans le mausolée érigé en l’honneur du saint vénéré Sidi M’hand Benaouda, on a constaté une maîtrise parfaite de la part des organisateurs qui ont su préparer à l’avance le village à renouer avec la fête. La preuve, la veille, 20 moutons acquis grâce à la générosité des donateurs ont été immolés en guise de sacrifice adressé au Tout-Puissant afin que cette année soit celle de l’abondance des pluies. En plus de cela, du côté des familles, l’heure était à la mobilisation pour préparer le couscous en quantité suffisante pour honorer tous les invités. Ainsi, sans aucune peine, dans une ambiance festive qui a drainé des milliers de personnes constituées en majorité de femmes, le village de Tirmitine est sorti en l’espace d’une journée de sa léthargie habituelle. A l’intérieur du mausolée, des vieilles, accomplissant le rituel propre au saint vénéré tout en adressant leurs vœux les plus pieux, n’ont pas cessé, par des imprécations, d’implorer Dieu. Aussi, des offrandes ont été accueillies dans ce même lieu pour se rapprocher de « la baraka » qu’on dit présente dans chaque coin et recoin immédiat du lieu saint. Enfin, vu le succès qu’a connu cette journée et l’impact qu’elle a suscité chez les populations riveraines, le rendez-vous est d’ores et déjà pris pour la prochaine édition.
M. Haddadi
