Agouni Bouffal Ils s’y sont produits à l’occasion du 2éme festival de la poterie de Maâtkas – Taoues, Djaffer, si Hamdi, chérif Douzene et Hamid Bouffaid enflamment la scène

Le village Agouni Bouffal dans la commune de Souk El Tenine, relevant de la daïra de Maâtkas, aura vécu dans la nuit du dimanche passé au rythme d’un grand gala artistique organisé par le commissariat du festival de la poterie et de l’association Uzzal du village hote. Les autorités locales des communes de Maâtkas et Souk El Tenine ont tenu à rehausser par leur présence ce show artistique. Les villageois et les villageoises, venus en grand nombre, ont orné la place du village qui a, une fois de plus, renoué avec l’ambiance et la joie le temps de ce concert de haute facture. Taoues, Hamid si Hamdi, Djaffer, Chérif Douzene et le cheikh du chaabi local, Hamid Boufaid, ont faut il le reconnaître chauffé la scène. L’animation étant assurée par le vétéran Rabah Daf et tous les ingrédients étaient réunis pour la tenue d’un spectacle de haute facture. L’entame a était assurée par Taoues, laquelle nous dira, avant de monter sur scène, que « c’est un véritable plaisir d’être ici à Agouni Bouffal. Le public est merveilleux et je ferai de mon mieux pour lui rendre la pareille ». Taoues a du puiser dans ses cordes vocales et dans les sublimes chansons du grand Idir, d’Ali Idefllawen et de Allaoua pour subjuguer son public qui n’a pas manqué de le lui rendre généreusement la pareille en reprenant en chœurs toutes ces interprétations. Andou a yighi, Ellah Ellah Idefllawen, Mebrouk el aars, Assasd arghouri, Awiza smhas… sont les titres que la chanteuse a merveilleusement interprétés. Les danseurs, éclairés par les fumigènes et les feux d’artifices, s’adonnèrent à des chorégraphies endiablées. La chanteuse qui fut très applaudie par le public dira : « ça c’est plutôt bien passé. Un grand merci à ce public qui s’avère connaisseur. Toutefois, j’aimerai revenir mais avec mon propre orchestre ». Enchaînant le pas et remontant le rythme, le jeune Hamid Si Hamdi commença par effleurer son mondole dans un élogieux Istikhbar avant d’enchaîner avec des chansons du style chaabi, à la manière de Chérif Hamani Hamid a réussi son pari. Le jeune chanteur Djaffer, âgé uniquement de 14 ans et qui fréquente encore le collège, n’a pas eu grand besoin de creuser à fond. Dés le début de son interprétation, le public n’en revenait pas tellement il maîtrisait parfaitement son sujet. On dirait qu’il fait ce métier depuis sa naissance. Avant de fouler la scène, il nous a d’ailleurs déclaré qu’il n’a ni trac ni appréhension. Timaghriwin n tudrine lui fit traverser la Kabylie de part en part. Ath Yanni, Ath Hicham et Maâtkas furent honorées par cette chanson très appréciée par les présents. Yemma, tilawin, et tayri taderghalt sont des titres qui ont fait monter l’ambiance de plusieurs crans. Dans tous les cas, ce jeune chanteur fera beaucoup parler de lui dans les quelques années à venir, pour peu que l’on s’occupe de lui convenablement. Le tour de l’enfant prodige du village est venu, Hamid Bouffaid est sur scène, il n’a pas encore fini de régler ses cordes que les applaudissements commencent à se faire entendre. Les femmes du village n’ont pas manqué de chauffer la scène par leurs stridents youyous. Le cheikh, enseignant de son état, sait enflammer la foule. Yemma Yemma De Zerouk Allaoua a fait le reste. Les fumigènes, les pétards, les feux d’artifices, les youyous et les cris des jeunes ont carrément brisé le silence de cette fraîche nuit de juillet. Dans une voix rauque et parfois angélique et pleine d’émotion, Boufaid retrouve son rythme et se lance dans un récital de haute gamme. Le public a vibré et a plongé dans une folle et interminable danse folklorique. Idurar, Sani Sani de cheikh EL Hasnaoui ont envoyé les présents là où il fait bien y être. Mlaayoun n ttir, Ardju Rebbi et Elbabur ghreq sont d’autres titres que le chanteur a su interpréter et que le public a bien aimé. Bravo cheikh Bouffaid. Une heure du matin passée, Chérif Douzene clôturera le récital de fort belle manière. Pour sa part, le président de l’association culturelle Uzzal dira : « Ce fut un beau spectacle. Les chanteurs ont réellement créé l’ambiance des grands jours et nos villageois et villageoises se sont bien amusés. Merci au membres de notre association et au commissariat qui ont pensé à notre village ».

Hocine Taib