Depuis le début de l’été rejoindre la ville des genêts est devenu difficile. Les fonctionnaires, les ouvriers et les visiteurs font des mains et des pieds en vue de rallier leur destination. Pourtant les transporteurs par fourgon de la daira de Maâtkas ne sont pas concernés par la grève des transporteurs, qui perdure depuis plusieurs semaines. Leur gare est toujours au même endroit et à la même enseigne. Mais les fourgons se font trop rares surtout pendant la matinée et en fin de l’après midi. Du coup, les voyageurs font le pied de grue pendant des heures entières aux stations de Maâtkas, de Souk El Tenine et de Tizi-Ouzou. A l’arrivée de l’oiseau rare, les bousculades et les coudes à coudes refont surface. Signalons que près de 320 fourgons de la daira de Maâtkas assurent la desserte vers la capitale du Djurdjura. Un nombre assez suffisant pour transporter tout le monde. Un voyageur que nous avons apostrophé à ce sujet regrettera : «Chaque jour depuis le début de l’été c’est le calvaire. Il m’est arrivé plusieurs fois d’arriver en retard à mon travail à cause du manque de fourgons. Au retour, c’est la même chose. Heureusement que mon patron comprend la situation, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Ces transporteurs privés font leur loi. La conscience professionnelle n’existe pas chez certains d’entre eux ». Un autre voyageur rencontré à Souk El Khemis témoignera : «Nous subissons le diktat des transporteurs. Ils travaillent au gré de leur volonté. Le secteur des transports est sommé d’intervenir. Cela fait plus de trois heures que j’attends et pas le moindre fourgon à l’horizon». Questionné à propos de cette fâcheuse situation, un des transporteurs répondra : «C’est vrai que le transport manque. Certains fourgons préfèrent aller à la plage, les autres vont aux cortèges nuptiaux et d’autres encore vont ailleurs et augmentent leurs prix. La grève des transporteurs dans certaines daïras arrange leurs affaires. Concernant les voyageurs, ils doivent aussi éviter de choisir entre les fourgons. Il nous est arrivé d’attendre de longs moments au quai pour faire le plein». Pour sa part le maire de Maâtkas, saisi par les voyageurs à propos du manque de transport nous dira : «Nous recevons chaque jour des voyageurs qui se plaignent du manque de transport. L’APC n’a pas les moyens d’assurer le transport des voyageurs. Les transporteurs privés sont appelés à respecter leurs horaires de travail et leurs lignes initiales». De toutes les manières, les voyageurs sont véritablement scandalisés et n’arrivent que rarement à rejoindre Tizi-Ouzou à l’heure voulue.
Hocine T.
