Site icon La Dépêche de Kabylie

Maintien de la grève et dépôt éventuel d'une plainte contre la tutelle

Les auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation, AMAR, se rebiffent contre le nouveau statut particulier publié dans le journal officiel la semaine passée, lequel est rejeté catégoriquement par le collectif national des AMAR qui s’est réuni à Béjaia le jeudi dernier, pour débattre justement du contenu de ce statut ayant fait coulé beaucoup d’ancre.

“Nous rejetons ce statut dans la forme et dans le fond car on ne se reconnait pas dedans, bref il n’est pas destiné à nous’’ clament à l’unanimité les délégués des 15 wilayas présentes à ce conclave de Béjaia, et lesquels ne décollèrent pas d’ailleurs à maintenir à leur mouvement de grève illimitée déclenché depuis le 7 juin dernier.

A la lecture de ce nouveau statut ,la déception est totale, et les anesthésistes estiment que ces textes “élaborés loin de toute objectivité ne feront qu’enfoncer encore la corporation dans le gouffre’’ de par les contradictions, les lacunes et les aberrations y ont entaché.

Les délégués nationaux veulent à cet effet, passer à une vitesse supérieure dans leur mouvement de protestation et s’apprêtent à ne pas lâcher prise devant ce qu’ils appellent le “mépris de la tutelle’’ envers cette corporation devenue controversée.

“Nous sommes le seul corps de santé à ne pas bénéficier du glissement catégoriel, ni encore d’avantage promotionnel durant notre carrière. Nous serons fixés sans promotion ni évolution dans le grade jusqu’à la fin de carrière selon ce simulacre statut qui nous met en voie d’extinction’’ affirme avec un certain désespoir un des présents à la réunion de Béjaia.

Dans ce statut, effectivement, il est retenu selon son article 18, relatif aux dispositions applicables aux AMAR de santé publique, deux corps, celui des AMAR SP et des AMAR SP enseignants.

Le collectif des anesthésistes s’élève contre le contenu de l’article 19 qui notifie les différents grades du même corps des AMAR SP, et de surcroit les AMAR, titulaires ou stagiaires, classés à la catégorie 11 n’auront pas le droit d’accéder directement au corps des AMAR SP classé à la 13. Seuls les AMAR principaux ou les infirmiers de santé publique pourront évoluer à ce dernier grade après un examen professionnel pour les premiers et une formation spécialisée de deux ans pour les seconds.

Ce qui a exacerbé plus la colère des anesthésistes en exercice c’est que les tâches des AMAR de santé publique, les mieux classés sont identiques à celles des AMAR, ces derniers sont aussi sensés participer à la formation des premiers, leurs ‘’supérieurs’’.

“Il est inconcevable que deux corps classés différemment soient appelés à accomplir les mêmes actes et le comble pour des salaires aussi différents’’ ne cesse de crier un des délégués qui s’interroge avec ironie si l’on peut inverser les rôles de l’élève et de son enseignant.

En somme, c’est tout le statut qui est rejeté pour une simple raison selon certains conclavistes, “aucune de nos propositions n’a été retenu, c’est du pur mépris’’.

Concernant la revendication de la couverture juridique, Chaval de bataille du collectif des anesthésistes, dans le statut en question, notamment ses articles 20, 21, 22 et 23, relatifs aux définitions des taches il est “rajouté’’ que les AMAR “sont chargés, en présence d’un praticien spécialiste en anesthésie et réanimation ou en son absence, sous l’autorité du responsable hiérarchique médical notamment’’.

Cela est jugé grave par les délégués des AMAR car il s’agit d’une atteinte à la sécurité du patient candidat à un acte anesthésique, surtout au moment où le statut limite la formation en cette spécialité à deux ans seulement.

Une autre contradiction des plus fragrantes, selon les membres du collectif, celle d’endosser la responsabilité de l’acte anesthésique à un responsable hiérarchique qui est souvent le chirurgien, jugée contraire à la loi sanitaire 85/05 amendée et abrogée par la loi 90/17 dans ses articles 196 à 234, surtout si l’on sait que les articles des statuts particuliers des personnels de santé publique sont soumis à la souveraineté de loi sanitaire.

En somme c’est tout le statut qui est rejeté et le collectif campe sur ses positions à revendiquer à la base la catégorie 13, une formation de 5 ans après le bac et une véritable couverture juridique.

Outre le maintien à la grève qui est à son deuxième mois consécutif, le collectif algérien des AMAR comptent porter le problème devant les instances judicaires contre la tutelle pour ses “désengagements” devant les propositions des représentants de la corporation des anesthésistes, comme il a été retenu lors de cette réunion de Béjaia de saisir le président de la République et le Premier ministre.

A travers ces actions, le collectif des AMAR veut interpeller le Ministre Ould Abbas d’avoir “ignoré” le travail de la commission mixte, anesthésistes ministère, ayant travaillé durant 4 mois, pour éclairer surtout les quelques zones d’ombre du statut et dont les membres ont été choisis par les services du ministère.

L’installation de ces commissions a provoqué le retard de la promulgation de ce statut, dans le but de l’enrichir mais en fin de compte n’a fait que décevoir d’avantage la corporation en grève depuis deux mois, avec comme conséquences, le report de milliers d’interventions et un avenir incertain dans ce domaine d’anesthésie.

Nadir Touati

Quitter la version mobile