«Nous ne voulons pas pénaliser les autres citoyens. Notre action se limite à la fermeture de la partie où travaillent le maire et ses adjoints», tels sont les propos d’un habitant de Tifaou qui était devant la porte d’entrée de la mairie.
L’état civil a fonctionné normalement. D’ailleurs, ce comportement a été salué par les autres citoyens venus se faire délivrés des pièces administratives notamment pour les inscriptions universitaires. «Ils ont le droit de demander tout ce qu’ils veulent. Ils ont bien fait de ne pas fermer l’état civil», nous a dit un futur étudiant.
Approchées, les personnes agglutinées devant l’entrée principale se hâtaient de nous parler de leurs problèmes. «Ecoutez, ce n’est pas la première fois que nous avons mené de telles actions. Malheureusement, aucune promesse n’a été tenue, c’est pourquoi, nous sommes ici pour régler une fois pour toute nos problèmes», nous a répondu en premier lieu l’une d’elles. Et à un autre citoyen d’énumérer une à une les revendications de Tifaou.
«Toutes les fosses septiques du village situé en amont sont raccordées vers un bassin. Maintenant, il déborde sur la route. Il faut qu’ils trouvent une solution définitive à cette situation», a clamé fort une autre personne à propos de la programmation d’un projet d’assainissement pour les habitants qui ont construit en haut de Tifaou bas. «Nous n’avons jamais cessé de réclamer le bitumage de notre route sur une distance de trois kilomètres. Le projet est inscrit, mais aucune entreprise n’a entamé les travaux. Pourtant, c’est pour 2011», a enchaîné un troisième intervenant.
«Nous exigeons aussi des autorités le renforcement de l’éclairage public. Notre village est situé à quelques encablures d’Ighil Larbi où il y a une caserne. Parfois, des lance-roquettes destinés à atteindre des terroristes arrivent chez nous. Même si on nous a dit qu’il n’y a pas un cinquième fil, il faut trouver une solution à ce problème. Le noir est un danger à Tifaou», a poursuivi un autre représentant du village. Alors que pour l’eau potable, ils disent ne voir que quelques gouttes une fois tous les trois mois.
«Avec la réalisation du projet à partir de Oued Bougdoura et qui a coûté vingt-six milliards, nous avons cru que c’était fini, malheureusement la situation a empiré. Non réalisée dans les normes, la conduite ne sert presque à rien. L’ancienne conduite est sujette à des manipulations par nos voisins de Hellil. Nous avons soif !», a précisé une quatrième personne. Au moment où nous rédigions ces quelques lignes, une réunion se tenait entre une délégation des citoyens et les élus dont le maire et son premier adjoint.
Amar Ouramdane

