L’opération Solidarité Ramadhan renseigne, on ne peut mieux, sur la misère sociale qui frappe de plein fouet des franges de la société.
À Tizi-Ouzou, quelques 17 469 familles démunies ont été recensées. Le chiffre est fort révélateur. La direction de l’action sociale de la wilaya peut se targuer, peut-être, d’avoir débloqué des sommes colossales pour venir en aide aux démunis, mais toujours est-il que ces mêmes sommes sont révélatrices sur le dur quotidien que mènent de nombreuses familles. Les prévisions annoncent la distribution de quelques 13 000 repas au niveau des 26 restaurants Rahma ouverts sur le territoire de la wilaya. Cela sans oublier le nombre, tout aussi important, de couffins mis en disponibilité à l’occasion. Il suffit de savoir que l’enveloppe budgétaire allouée pour cette opération dite Solidarité Ramadhan est estimée à plus de 70 millions de centimes pour déduire que l’ampleur du phénomène de la pauvreté est important. Les bousculades qui se produisent devant les portes des restaurants Rahma sont édifiantes sur la misère qui fait sérieusement des siennes à Tizi-Ouzou. Des familles entières se déplacent, chaque jour, dans ces restaurants à l’heure du f’tour. L’on se demande ce que feraient ces familles sans ces restaurants ? Ces mêmes familles doivent certainement espérer que le ramadhan ne finisse pas et se poursuive tout au long de l’année. Comme ça, elles auront assuré au moins la bouffe. Malheureusement pour elles, l’élan de solidarité n’est que d’une courte durée. La fin du mois sacré se profile déjà à l’horizon. Ces démunis renoueront du coup avec la faim et le dur quotidien. La pauvreté est une réalité à Tizi-Ouzou, une wilaya où la délinquance prend également des proportions alarmantes. Aussi, le nombre de suicides ne cesse de s’accroître. La mendicité est devenu un métier dans la wilaya. À chaque coin de rue, le citoyen est agressé quotidiennement par ces femmes et, surtout, ces enfants en bas âge qui tendent leurs mains en quête de quelques dinars. Ce décor désolant se passe au su et au vu des responsables et des pouvoirs publics. L’on n’ose même pas se demander d’où sortent ces enfants et que font-ils dans la rue en ces temps caniculaires. N’est-ce pas un crime que de laisser cette innocence traîner dehors sous 40° degrés. Au lieu de débourser, à l’occasion du ramadhan, ces budgets qui en disent long sur le marasme social qui caractérise la société les services concernés auraient mieux fait de ramasser ces enfants-mendiants et les mettre dans un foyer spécialisé. En outre, une solution durable s’impose pour les uns et les autres parmi cette couche de démunis, comme par exemple, trouver un job pour tout le monde. Le mal, en fin de compte, c’est le chômage qui gagne, malheureusement du terrain au sein de la population à Tizi-Ouzou. En attendant une alternative consistante, les démunis de la wilaya profitent de ce mois sacré pour manger comme tout le monde, à défaut d’autre chose, eux, pour qui tous les Ramadhans se suivent et se ressemblent.
M.O.B
