Khellifi Youcef Président de La ligue de Béjaïa – «Nous revendiquons une prise en charge pour nos athlètes»

Malgré les bons résultats récoltés par les boxeurs de Béjaïa et la place qu’occupe la ligue locale au niveau nationale, cette discipline souffre le martyre. Youcef Khellifi, président de la ligue, nous a tracé un tableau de la situation du noble art dans la capitale des Hammadites.

La Dépêche de Kabylie : Comment évaluez-vous les résultats de la ligue de Béjaïa pour cette saison ?

Youcef Khellifi : Honnêtement, les résultats sont en deçà de nos aspirations, comparativement à la saison écoulée, la cause essentielle de ce regain est le changement de région car, cette année, on s’est retrouvé dans la région Est où nous avons eu beaucoup de problèmes lors de la phase régionale de la coupe d’Algérie, ce qui fait que nos boxeurs ont eu des problèmes pour pouvoir décrocher des médailles. Nous avons décroché 54 médailles cette année dont 14 en or, on aurait pu aspirer à beaucoup mieux mais, rien n’empêche que c’est des résultats satisfaisant par rapport aux moyens dérisoires de la ligue et des clubs. L’essentiel est de nous maintenir sur le podium au classement général par ligue.

Qu’en est-il des moyens de travail des clubs affiliés à votre ligue ?

Les 16 clubs, affiliés actuellement à la ligue, souffrent du manque flagrant de moyens, mais on aura, cette année, environ 5 nouveaux clubs dont 3 au niveau de la commune de Béjaïa. Les moyens sont insuffisants, surtout quand on sait ce que la boxe nécessite. Nous formons des pugilistes jusqu’à la catégorie junior pour les voir sous les couleurs d’autres clubs en seniors faute de moyens et c’est navrant. Malgré tout ça, nous disposons de très bons éléments, en filles et en garçons, capable de prendre le flambeau de la boxe Béjaouie, à l’image de Hamachi Fahem, Benbaaziz Reda, Ziani Djoudi, Ait Bekka Amirouche, Boukir Aissa, Hamachi M’hamed, Laimech Azzedine, Hallou Nawal, Chaouch Meriem et tant d’autres.

Qu’en est-il des subventions?

Notre ligue subit les aléas de certaines personnes au niveau des différentes structures, c’est malheureux que l’APC ne subventionnent plus les ligues des différentes disciplines.

Comment voyez-vous l’avenir de la discipline ?

Il faut que les gens changent de vision et savoir ce qu’ils veulent, l’élite ou la massification, car depuis qu’on est aux commandes de cette ligue, on est passé de 7 à 16 clubs, mais nous voulons et revendiquons la prise en charge des athlètes, nous voulons avoir des boxeurs qui pourraient aller au championnat du monde ou aux jeux olympiques, on demande, donc une prise en charge réelle des pouvoirs publics. Il faut revoir les subventions pour les clubs qui activent dans ce sens et les clubs formateurs doivent être aidés, que ce soit aux niveau des communes, de l’APW ou du fond de wilaya, la pâte existe mais l’inconvénient majeur est l’infrastructure et c’est valable pour toutes les disciplines, notre wilaya est l’une des meilleures au niveau national en résultats mais elle est dernière sur le volet des infrastructures, il faut une volonté politique pour améliorer les choses, car notre travail consiste à faire faire du sport aux jeunes et les éloigner des fléaux de la société tout en essayant d’avoir des résultats.

Le mot de la fin…

Nous lançons un appel aux autorités locales pour qu’ils viennent en aide aux gens qui travaillent, il faut les encourager et respecter l’échelle des valeurs.

Entretien réalisé par Zahir Hamour