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Les cours s’emballent au niveau des marchés à bestiaux

Depuis le début du ramadhan, les prix au niveau des marchés à bestiaux ont entamé une ascension vertigineuse qui s’en va crescendo et cela pour plusieurs raisons.

Les béliers de taille moyenne affichent entre 18 et 20.000 DA, ceux engraissés et dépassant une année d’âge frôlent les 25 voir même 30.000DA, une brebis adulte pleine se place dans la fourchette de 20 à 25000 DA les jeunes brebis dites de chairs atteignent les 15000 DA.

Bien entendu le prix de chaque bête est fixé selon son poids et son gabarit, le degré d’engraissement avec les males en tête d’affiche.

Pour revenir aux raisons de cette subite flambée qui est loin de constituer une surprise pour les connaisseurs et autres maquignons qui exercent dans ce créneau, citons d’entrée que la récolte et le bon rendement du forage cette année est l’un des facteurs principaux qui a provoqué cette hausse des prix du cheptel notamment ovine; ajouté à cela au net recul des maladies endémiques qui influent sensiblement sur les valeurs des bêtes. Une autre raison qui explique cette flambée est la diminution du nombre d’éleveurs dans la région d’où la chute de l’offre, ce qui amène à conclure que la politique menée pour la relance de ce créneau de l’agriculture n’a pas atteint ses objectifs.

Une autre raison qui propulse les prix vers le haut notamment en cette période de fêtes et le fait que de nombreux éleveurs s’attèlent a l’opération d’engraissement et ne commenceront à alimenter et fréquenter de nouveau les marchés pour proposer leurs bêtes à la vente qu’à partir du mois d’octobre soit à quelques semaines de la fête de l’Aïd El Kebir, un procédé que pratiquent même les maquignons et autres spéculateurs, ces derniers sont aussi à l’origine de cette hausse du coût du cheptel qu’ils se disputent âprement au niveau des marchés à bestiaux chacun cherchant à rafler le maximum de bêtes qu’ils ne remettront sur le marché qu’à l’approche de l’Aïd El Kebir.

Un état de fait qui explique cet important décalage entre l’offre et la demande, d’autant plus que le nombre de maquignons a sensiblement augmenté ces deux dernières années, au point d’être nettement supérieur à celui des éleveurs, du moins localement sachant que ces maquignons ont changé de procédés et n’agissent plus individuellement mais en groupe pour ne pas dire en réseau, ce qui leur permet dans une certaine mesure de maîtriser le cours des marchés qu’ils commandent à leur guise selon bien sûr leurs intérêts.

Ce qui a chamboulé cette année, cet ordre établi sinon imposé par ces maquignons qui écument les marchés à bestiaux est l’apparition de nouveaux spéculateurs dans ce créneau venus hors wilaya, notamment des régions de l’est de Béjaia, de B.B.A et de Sétif qui tiennent la dragée haute aux locaux en leur imposant une concurrence acharnée. Ces nouveaux venus qui sont loin d’être des apprentis raflent le maximum de bêtes qu’ils arrivent à arracher de première main en négociant directement avec les éleveurs tout en y mettant le prix ,pendant que ces locaux perdent beaucoup de temps à la recherche de la bonne affaire ou… du pigeon à plumer pour voir en fin de compte la marchandise leur filer sous le nez.

Cette nouvelle donnée est vérifiable au fait que le marché à bestiaux de M’chedallah se vide plus tôt que d’habitude à 09H00 maximum, une donnée de laquelle l’éleveur tire un avantage avéré qui n’est qu’une justice rendue à ces agriculteurs.

Au stade où vont les choses dans ce créneau et ces changements qui s’opèrent, l’éleveur est bien parti pour reprendre sa place et ne veut plus tenir le rôle du dindon de la farce en se faisant plumer par des maquignons, lesquels il n’y a pas longtemps font la pluie et le beau temps au niveau des marchés à bestiaux qu’ils réglementent à leur guise.

Oulaid Soualah

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