Les soirées ramadhanesques dans la ville de Seddouk sont animées et attirent un public fort nombreux composé de familles et de citoyens qui sortent le soir pour se dévêtir et oublier un tant soit peu le jeûne de la journée rendu parfois difficile par les chaleurs torrides. C’est à l’entrée de Seddouk que l’association socioculturelle Tidoukla a installé en plein air une scène pour des galas artistiques, plus précisément aux arrêts de fourgons menant vers Beni Maouche. Chaque semaine, des chanteurs se succèdent à la tribune pour égayer un public qui se déplace en masse. Des jeunes se donnent à cœur joie de danses sur une piste qui déborde souvent, car de telles soirées ramadhanesques n’ont pas lieu à longueur d’année. Autant en profiter donc à fond. A la cité Bouferdassene, c’est un particulier qui a installé un Data show dont l’écran géant est une façade d’un immeuble. La rencontre de la JSK jouée au stade de 5 Juillet a drainé un public immense composé de jeunes en âge des déferlements des passions qui se sont déplacés en masse voir leur équipe fétiche et faire la fête en cas de victoire. Une rencontre qui a malheureusement tourné viré au cauchemar avec une équipe kabyle qui a déçu tout le monde en s’inclinant sur un score de 1/0. Le match du Barça contre le Réal de Madrid a été suivi aussi par un public fort nombreux sur une placette contenant à peine tout ce beau monde. A la cité du rond Imazighen et plus précisément sur la grande place des arrêts de fourgons allant sur Béjaïa, un manège pour enfants est installé sur une surface non bétonnée. Divers jeux sont proposés pour des chérubins souvent accompagnés par leurs parents. Les femmes trouvent un malin plaisir à déserter la maison en cette période des chaleurs et aller à la recherche de la fraîcheur. Elles joignent l’utile à l’agréable en surveillant aussi leurs enfants qui ne sont pas en âge de se prendre en charge. Beaucoup de magasins d’habilement s’ouvrent le soir et les couples font le tour de ces magasins en quête des vêtements de l’Aïd qui coïncide cette année avec la rentrée scolaire. Le Ramadhan leur donne une opportunité pour faire leur shopping le soir car durant la journée les chaleurs caniculaires ne le permettent pas. Les romantiques, quand à eux, préfèrent flâner dans les rues de la ville et les férus de la nature poussent loin leurs flâneries en s’offrant des randonnées en dehors du périmètre urbain. Les autres jeûneurs préfèrent les discussions en groupe sur les places publiques ou les jeux divers dans les cafés. Les fidèles, pour leur part, accomplissent leur devoir religieux dans les deux mosquées de la ville. Toutes ces activités sont programmées, il faut le dire, pour satisfaire un tant soit peu la soif du public qui n’est pas habitué à de tels divertissements le reste de l’année. La morosité semble atteindre les villages cette année, sauf erreur de notre part, aucun gala n’a été signalé durant cette première quinzaine du Ramadhan. Les ruraux se satisfassent donc des flâneries le long des routes ou des jeux dans des cafés en attendant mieux durant cette deuxième quinzaine.
L. Beddar
