“Nous sommes devenus des indigènes au bout de neuf années du lutte’’, c’est par cette phrase lourde de sens que le coordinateur du Cnapest de Bouira fera son arrivée devant la direction de l’éducation pour participer au sit-in d’hier matin.
Un sit-in prévu déjà depuis juillet dernier face à ce qui est considéré comme “la sourde oreille” de la direction de l’éducation face aux multiples doléances de ce syndicat.
Toutefois, ce syndicat n’était pas seul à avoir prévu un rassemblement en cette journée de rentrée scolaire. Parmi les protestataires, le syndicat des adjoints d’éducation, celui des intendants, des enseignants reçus au concours d’intégration de l’éducation nationale étaient présents pour réclamer leur intégration dans leurs postes, ainsi que des maîtres d’école du primaire, fraîchement sortis de l’Ecole normale supérieure (ENS). Ces derniers nous ont avoués être désemparés devant l’attitude de la DE à leurs égards : “On nous promènent de service en service sans nous avoir donné nos affectations, alors que nous devions rejoindre nos postes aujourd’hui, mais nous avons toujours droit au même refrain : “Revenez plus tard !’’. C’est ce que nous déclarera Sihem, qui avoue ne pas comprendre l’attitude de la direction de l’Education envers ces nouveaux enseignants du primaire. Sur le parvis de l’académie, des centaines de protestataires avaient comme maître mot, “la satisfaction de leurs doléances’’. Des doléances pourtant exprimées à maintes reprises au cours de l’année scolaire 2009 -2010 mais qui semblent avoir été non-prises en charge si l’on en croit nos différents interlocuteurs. A commencer par le Cnapest, pour Messaoudi Zoubir, le mal est profond, “les PEST sont toujours classés en queue de liste de la Fonction publique, avec un statut et un régime indemnitaire frisant le ridicule. ’’ Pour notre interlocuteur, il y a urgence à solutionner les problèmes exposés, en commençant par l’indemnisation des heures supplémentaires mais aussi et surtout par “l’application des trois signatures des PV du ministère de l’Education. ” Pour rappel, le conseil de wilaya du Cnapest, réuni le 7 septembre dernier, avait invoqué une série d’arguments où il faisait état entre autres du “désengagement de la DE», des PV du 11/11/2010 et du 16/05/2010 portant sur “le paiement des arriérés des enseignants’’, ou encore “l’encadrement administratif et pédagogique des établissements scolaires”.
Autres récriminations retenues à l’encontre de la DE, “la non-régularisation du cas des enseignants issus des écoles supérieures, les lauréats des concours et les intégrés », ainsi que « la non-poursuite de l’assainissement des rangs de la direction de l’éducation et la poursuite de personnes impliquées dans les scandales ». Concernant justement les lauréats du concours d’intégration de l’éducation nationale, ces derniers ont observé un sit-in simultanément devant la direction de l’éducation, afin de dénoncer “l’injustice” dont ils font l’objet. En effet, c’est un groupe de 165 reçus au concours de la Fonction publique session de 2010, qui manifestaient pour afficher leur mécontentement vis-à-vis de leur non-intégration à leurs postes. Des postes qui leur auraient été “promis’’ selon les propos de la porte-parole des protestataires. Selon la meneuse de ce mouvement leurs postes de travail auraient été attribués à d’autres enseignants. “Nous avons été bernés par l’ancien DE ! », clame-t-elle à ses collègues se trouvant dans la même situation. La porte-parole des protestataires nous expliquera qu’ils ont la ferme intension de faire valoir leurs droits : « Nous sommes tous titulaires d’un bac+4, mais avec la nouvelle loi d’intégration datant de 2009, qui stipule que pour intégrer le secteur de l’éducation, il faillait un master, à savoir, un bac+5. Pour parer à cette condition nous avons passé le concours et suivre une formation, mais durant ce laps de temps les postes qui devaient nous revenir de droit on été affectés à d’autres professeurs…’’ D’autres protestataires affiliés eux à la SNTE, ne sont autres que les adjoints d’éducation.
Hafidh B.
