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IDIR, réagissant, hier sur Radio Tizi Ouzou, à la rumeur de sa mort

«C’est inadmissible !»

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Le chanteur Idir a réagi, hier, aux rumeurs colportées la semaine dernière le donnant pour mort, qualifiant cette intox d’«inadmissible». D’une voix affaiblie mais rageuse, l’ambassadeur de la chanson kabyle a vertement réagi aux rumeurs de sa mort, dans une interview accordée à la radio de Tizi Ouzou. «Je me pose des questions sur les visées d’une telle rumeur ?», a réagi l’auteur de la mythique «A vava Inouva». «Pourquoi fait-on ça ?

C’est inadmissible», enchaîne-t-il avec rage en dépit de sa voix qui ne trompe pas sur son état de santé. Et de s’en prendre à tous ceux qui colportent des rumeurs sur autrui : «Vous voyez, vous êtes assis tranquillement chez vous, avec votre famille, et soudain vous entendez qu’on a dit de vous des choses qui n’existent pas (…) Et on vous pousse à réagir via des démentis, mais parfois, on vous pousse à lancer un cri : Ayez pitié des autres, ayez pitié de l’être humain, car ce que vous colportez et distillez est un mensonge», a-t-il encore lancé.

Idir, qui n’a pu contenir sa colère, revient, néanmoins, vite à la sagesse qu’on lui connaît. Non sans user de philosophie, l’auteur de «Ici et ailleurs» (titre de son dernier album ndlr), tente de relativiser : «Que voulez-vous que je vous dise ? Les rumeurs de ce genre fusent généralement contre des personnes connues, et comme je suis un peu connu, je ne peux y échapper non plus».

Plus loin, Idir considère que l’indignation quasi-générale qu’a suscitée cette rumeur en Kabylie et ailleurs, «prouve que je suis aimé de beaucoup de gens». «Ça me réjouit, outre mesure, et ça me fait chaud au cœur», poursuit-il. Pour l’enfant d’Ath Yenni, «il y a heureusement des gens, nombreux, qui ne se laissent pas duper par les rumeurs, ce sont ceux qui m’estiment sans chercher à savoir ce que je fais dans ma vie, ils aiment ce que je chante mais ne cherchent pas à savoir plus sur moi.

Il y a aussi ceux qui n’aiment pas mes chansons, sans pour autant me souhaiter du mal». Puis, Idir revient à l’évidence de la notoriété : «Il faut dire que tant que je suis un personnage public, j’appartiens à tout le monde». Ensuite, l’interviewé de radio Tizi-Ouzou parle de sa maladie et de ses projets qu’il ne peut mener à terme, du moins en l’état actuel de sa santé : «En ce qui concerne les projets, je dois avouer que ma santé ne me permet pas de les entreprendre en ce moment, je dois d’abord me reposer, étant donné que je suis atteint de fibrose pulmonaire qui est une maladie difficile à supporter», explique-t-il.

Et d’informer le public qu’il est en effet sur de nouvelles chansons, mais qu’il ne peut les produire en ce moment : «Du nouveau, il y en a tout le temps, il faut juste rassembler l’énergie et les efforts pour le chanter et l’éditer», explique le chanteur. «Il y a quelques chansons prêtes, mais je ne peux garantir de les éditer en l’état actuel de ma santé», regrette Idir.

«Ma kabylité est immuable»

Par ailleurs, répondant aux questions du journaliste, Idir est revenu sur le spectacle «1, 2,3 Kabylie» à l’hôtel Accord-Arena de Paris, le 12 janvier dernier avec Lounis Aït Menguellet et Mohamed Alloua : «C’était tellement grandiose, d’autant qu’on a réussi un concert en France qu’aucun autre artiste ou groupe d’artistes kabyles n’avait réalisé avant». Puis d’expliquer, comme pour faire taire les supputations selon lesquelles ils (Idir, Aït Menguelllet et Alloaua) auraient engrangé beaucoup d’argent dans ce spectacle : «Nous n’étions pas les organisateurs, nous n’étions même pas associés pour arrêter le prix du billet d’accès, nous étions engagés par les organisateurs et nous avons exécuté une tâche».

Quant à son retour en Algérie à l’occasion du spectacle donné à la Coupole Mohamed Boudiaf d’Alger, les 4 et 5 janvier 2018, Idir explique : «Je suis revenu chanter sur la scène de mon pays après une absence qui a duré 47 ans, je l’ai fait car les raisons qui avaient fait que j’ai boudé mon pays, n’avaient plus à être évoquées». «J’ai dit à l’époque que tant que ma langue et ma culture n’étaient pas officiellement reconnues par les tenants du pouvoir, je ne viendrais pas chanter en Algérie. En 2018, si j’ai accepté de le faire, c’est parce que Tamazight était reconnue officiellement».

Quid de la tournée envisagée après ce spectacle ? Idir explique que des paramètres qui sont en dehors de sa volonté ont fait que la tournée fut annulée : «Nous avions en effet envisagé de faire une tournée en Algérie avec des haltes à Bouira, Béjaïa et Tizi-Ouzou… Hélas, ça a été annulé contre ma volonté», a-t-il regretté. Et d’expliquer : «Aux embûches administratives et techniques qui nous ont fait perdre beaucoup de temps, est venue s’ajouter ma maladie qui commençait à s’installer sérieusement, ce qui ne me permettait pas d’honorer des spectacles, car je commençais à être affaibli».

Très imbibé de ses origines, Idir ne laissa pas l’occasion qui lui était offerte par la radio de Tizi Ouzou pour réitérer son attachement à sa Kabylie, à son identité et à sa culture : «Ma kabylité est au-dessus de tout, c’est un principe immuable pour moi. Libre aux autres de le prendre comme ils veulent, moi je ne fais pas de la politique et je ne laisserai jamais personne lier mon principe à la politique», conclut le chanteur.

M. A. T.