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TIZI OUZOU - Le problème d’eau se pose avec acuité malgré la disponibilité

De l’eau à gogo et des pénuries à gogo

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Depuis le début de l’été, il ne se passe quasiment pas un jour sans que ne soit enregistrée une action de protestation à travers les différentes localités de la wilaya, pour contester la pénurie d’eau dont souffrent les habitants de manière récurrente.

Hier, c’était au tour du village Abizar, dans la commune de Timizart, de crier son ras-le-bol du fait que l’eau n’a pas coulé des robinets dans les foyers depuis une dizaine de jours. Les villageois protestataires ont procédé à la fermeture du réservoir principal qui alimente le flanc Nord. «Une action qui a privé toute la région desservie depuis ce château d’eau, à savoir notamment les communes d’Azeffoun, Iflissen, Aqarou, Aït Chafaa et Yakouren», explique le directeur de l’ADE qui précise que «seule pourtant une partie du village n’est pas alimentée».

La raison serait une panne au niveau de la chaîne de refoulement, vétuste et en cours de réfection. À noter que la commune de Timizart sera à l’avenir alimentée depuis le flanc nord, souligne notre interlocuteur, expliquant que «le projet est à ses débuts». Ce problème des réseaux obsolètes constitue en effet un véritable casse-tête et la principale entrave à l’opération de distribution de l’eau dans la wilaya, selon M. Berzoug. Il avoue par ailleurs que son unité est actuellement «en difficulté», à cause de «pas mal d’incidents qui ont créé beaucoup de retard dans le fonctionnement des installations», souligne-t-il.

«L’accumulation de tous ces retards nous a perturbés un peu dans toute la wilaya, surtout au niveau du flanc Nord, où nous avons enregistré beaucoup d’incidents liés à la mise en service de la nouvelle conduite. On a eu beaucoup d’arrêts des installations. C’est ce qui explique la manifestation de la population d’Azeffoun, puis encore celle de Timizart (village Abizar), aujourd’hui (Ndlr hier), qui a fermé le réservoir d’Ighil Ath Djennad desservant cette région. Nous avons aussi les habitants d’Aït Yahia Moussa qui ont fermé la station (voir papier de Amar Ouramdane en page 3) pour une histoire de conduite de refoulement abimée», regrette le directeur qui refuse toutefois de parler de crise d’eau dans la wilaya de Tizi-Ouzou : «On ne peut pas parler actuellement de crise d’eau à Tizi-Ouzou, car réellement il n’y a pas de manque d’eau». Selon lui, le problème «est seulement lié aux installations des réseaux de distribution».

«Il y a des réseaux obsolètes réalisés dans le cadre des PCD et par les comités de villages. Ils nécessitent des mises à niveau», préconise-t-il. Il y a aussi le problème «lié directement à la topographie», note-t-il.

Sur un autre registre lié à la production, la wilaya de Tizi-Ouzou, en matière de ressources en eau, est à l’aise selon lui. Elle produit entre 270 000 m3 et 300 000 m3 /jour. La dotation de la wilaya est de 220 litres par habitant, précise-t-il. Des quantités qui lui permettent de subvenir aux besoins de la population même en cette période de surconsommation. «La bataille de la production on l’a gagnée, reste celle de la distribution. C’est l’affaire de tous», observe-t-il. S’agissant des fuites, «qui constituaient un problème majeur dans le passé », précise M. Berzoug, «leur pourcentage ne dépasse pas les 20%», assure-t-il.

Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, l’on se plaint du fait que la distribution d’eau ne se fait pas d’une manière équitable. Ce problème vaut à l’ADE toutes les critiques et la foudre des citoyens. Le directeur de l’ADE ne nie pas l’existence de ce problème de disparité en matière de distribution. Il assure, toutefois, que des efforts sont fournis pour venir à bout de cette iniquité due, selon lui, à la production de chaque chaîne et aux cumuls de retards et pannes dans certaines régions. Les localités les plus défavorisées pour l’heure, affirme le Directeur de l’ADE, sont M’Kira, Souama, Aït Khellili, Mekla, Souk El Tenine et Azeffoun, à cause des bouchons de calcaire.
Kamela Haddoum.