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DJURDJURA - Explorations spéléologiques et archéologiques

Découverte d’ossements d’ours brun

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Depuis la nuit des temps, le Djurdjura est un site mythique qui réserve à chaque fois des surprises, en matière de découvertes. Il fut aussi le lieu de prédilection des chercheurs scientifiques depuis la moitié du XIXe siècle, lesquels avaient entamé leurs explorations botaniques et géologiques. Dans ce sens, ces derniers jours, une information a circulé comme une traînée de poudre dans le milieu scientifique national. Il s’agit de la découverte d’ossements d’ours brun, en plein milieu du massif du Djurdjura.

C’est le fruit d’un travail d’explorations spéléologique et archéologique mené par une équipe de chercheurs scientifiques, dirigée par une professeure en archéologie venue d’Alger, Mme Yasmina Chaid-Saoudi. Elle était accompagnée par Farida Aït Hammou, professeure chercheuse en géologie, ainsi qu’une autre chercheuse spécialisée en paléontologie, un géologue-archéologue, une équipe de spéléologues du Club d’Alger, sous la houlette d’Amine Bouchama et ses compagnons, entre autres, Lounès Méziane (guide de montagne), sans oublier l’équipe gestionnaire du Parc national du Djurdjura. «C’est le 18 septembre dernier que la première mission d’exploration a été conduite. Après un travail laborieux qui a duré environ deux mois, des ossements pesant environ 15 kg ont été découverts à 20 m, au fond d’une grotte dénommée «Grotte de l’ours» à 1 650 m d’altitude», confie un membre de l’expédition.

Il est à signaler que la grotte en question n’est pas loin du lieu-dit Alma Nath Ergane, où la population avait ouvert une piste de force, il y a presque deux ans. C’est pour cela qu’il est impérativement recommandé d’éviter les mitages et les fragmentations ouvrant la voie à toute forme de dégradation, d’autant plus que cette chaîne montagneuse à caractère subalpin est menacée par le réchauffement climatique. Par ailleurs, d’après les membres de cette équipe, les ossements de cet ours sont composés d’un crâne, de mâchoires à dentition bien conservée, un fémur, un tibia, des côtes et de petits osselets.

Les chercheurs estiment que c’est grâce aux conditions microclimatiques favorables, aux fins fonds de la grotte, que ces ossements ont été bien conservés. Ainsi, avec cette nouvelle découverte, cette équipe pluridisciplinaire vient de confirmer l’existence d’une espèce animale de type grand mammifère, à savoir l’ours brun, dans le Djurdjura. En outre, il y a lieu de rappeler que l’existence de cet animal a été confirmée, lors d’une découverte d’ossements en 1987, lorsque le crâne et les ossements d’un ours ont été trouvés dans une grotte du versant nord du massif central du Djurdjura, dit Kouker.

Suite à cela, l’équipe de l’ex-Institut national agronomique d’El Harrach (Alger), après datation au carbone 14, en Suisse, est parvenue à l’identification des ossements, qu’elle a attribués à cette espèce animale (ours brun). L’existence d’autres espèces animales disparues du Djurdjura a été aussi confirmée. On citera, par exemple, le lion de l’Atlas, la panthère noire ou encore le mouflon à manchettes. Cela étant, c’est une découverte notable à mettre à l’actif de cette équipe, dévouée à son travail minutieux et imprégné d’un esprit coopératif. Cela a dévoilé un autre secret propre au Djurdjura, en attendant d’autres missions de ce genre, sachant que des richesses archéologiques et paléontologiques inestimables sont cachées dans cette immense chaîne montagneuse.

Amar Ouramdane