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CRISE POLITIQUE - Pour le départ du système à Bouira et à Béjaïa

Des fonctionnaires dans la rue

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Le mouvement de contestation se poursuit et s’amplifie à Bouira. En effet, hier matin, des dizaines de fonctionnaires des secteurs des affaires religieuses, de la culture, de la conservation des forêts de plusieurs communes et aussi des entreprises publiques comme Naftal, la SDC, Algérie Télécom, Mobilis et aussi des caisses d’assurance, ont organisé une marche qui s’est ébranlée à partir de la maison de la culture Ali Zaâmoum pour parcourir plusieurs rues du chef-lieu de la wilaya.

Les manifestants en grève depuis dimanche dernier, ont scandé tout au long de leur marche des slogans hostiles au pouvoir politique en place et au président de la République, réclamant sa démission et le lancement d’une période de transition démocratique, tels «Pour le respect de la volonté populaire», «Pour un État de droit», «Pour une Algérien nouvelle», «L’Algérie est une République et non une monarchie».

Ces manifestants ont aussi rejeté la feuille de route proposée par le président de la République pour l’organisation d’une conférence nationale et la rédaction d’une nouvelle Constitution. D’autres manifestants ont même rejeté la récente proposition du chef de l’état-major de l’armée nationale pour l’application de l’article 102.

Ces derniers réclament un changement politique «réel» et l’instauration d’une deuxième République sur des bases démocratiques : «Nous ne voulons pas d’une élection sur la base de cette même constitution et de ces lois, et qui sera gérée par ce même système politique. Les revendications du peuple algérien sont claires…

Nous réclamons une période de transition démocratique et une deuxième République qui sera en rupture totale avec les pratiques politiques que nous avons connues depuis 1962», dira en marge de cette manifestation un employé de Naftal, venu spécialement de la commune de Chorfa pour participer à la marche. À noter, enfin, que ces manifestants se sont dispersés dans le calme après la fin de leur marche, tout en lançant des appels pour une participation massive pour la marche du vendredi prochain à Bouira.

«Dégagez tous» résonne toujours à Béjaïa

Loin de faiblir, le mouvement populaire anti-pouvoir, à Béjaïa, maintient la pression. Pour la rue, l’annonce du chef d’état-major de l’ANP, qui a appelé, avant-hier, à l’application de l’article 102 de la Constitution, est «une provocation de trop». «Dégagez tous», tel a été le slogan le plus scandé, hier, par des centaines de fonctionnaires qui ont défilé dans les rues de Béjaïa-ville. En grève depuis avant-hier, des fonctionnaires de la CNAS, de la CASNOS, de la CNR, de l’ONA, des ressources en eau, de l’OPGI, des banques, de l’ETR, de l’ENPI… ont ainsi réinvesti la rue, pour réaffirmer leur rejet du système en place et réclamer le départ de toutes les pontes du régime.

«Sidi Saïd dégage», «FLN dégage», «Système dégage» scandaient, à haute voix, les manifestants. «L’UGTA, c’est Aïssat Idir, Abdelhak Benhamouda, mais pas toi Madjid, le retraité», «Je manifeste pour un avenir meilleur», «Sidhoum Saïd, l’endosseur des malheurs des travailleurs, dégage», «Soit l’application des articles 07, 08, 09, 11 et 12 de la Constitution, sinon dégagez Gaïd Salah, le peuple veut la chute du régime», «Non à l’article 102», «Pour un changement radical», «On vous dit partez», pouvait-on lire sur des banderoles et pancartes brandies par les manifestants. Toutes les manifestations antisystème, organisées hier dans les rues de Béjaïa, qui ont pris fin peu après-midi, se sont déroulées sans incident.

Oussama Khitouche et F. A. B.