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AHMED DJEDAÏ hier en conférence à l’université de Tizi-Ouzou

«Des solutions existent à la crise du FFS»

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A défaut de l’auditorium fermé, c’est au niveau de l’esplanade de l’ancienne bibliothèque centrale de Hasnaoua, de l’université de Tizi-Ouzou, que l’ancien premier secrétaire national du FFS Ahmed Djedaï a animé, hier après-midi, une conférence-débat. L’actuel conseiller de l’instance présidentielle du FFS, invité par la Coordination locale des étudiants (CLE), a abordé au cours de son intervention plusieurs sujets liés à l’actualité politique du pays : le mouvement populaire, les propositions politiques du FFS pour une sortie de crise et la continuité du mouvement et sa pérennité face aux nombreuses tentatives de récupération et de détournement.

L’intervenant, qui ne s’est pas exprimé longuement sur la crise interne qui touche son parti, s’est montré optimiste quant à l’existence de solutions internes pouvant régler «rapidement» les différends entre les militants et les cadres du FFS : «C’est vraiment désolant que notre parti soit touché par une nouvelle crise, plus particulièrement dans ce contexte politique. Mais j’assure que toutes les solutions seront discutées et débattues et que le FFS reprendra bientôt son statut de force d’opposition et de proposition», affirme-t-il.

Pour le conférencier, «le plus important, actuellement, c’est la réussite du mouvement populaire, qui nécessite la mobilisation de toutes les forces politiques sincères». Plus loin encore dans son intervention, Ahmed Djedaï a mis en garde contre «les risques d’essoufflement et les tentatives de détournement ou de récupération de certaines parties en dehors ou à l’intérieur du pouvoir», lesquelles font, selon lui, «tout pour tuer cet élan historique». «Actuellement, le pouvoir veut gagner du temps.

Il est donc impératif et vital au peuple algérien de prendre les choses en main et d’organiser notre révolution», a-t-il alerté, avant de préconiser de passer à de nouvelles formes de lutte mieux encadrées : «Les marches ne suffiront jamais pour faire tomber ce régime. Il faut doubler la pression par les moyens pacifiques, notamment à travers la mise en place de nouvelles formes de lutte et d’encadrement, à l’image des grèves, des actions citoyennes,…», dit-t-il.

Ahmed Djedaï insistera tout au long de son intervention sur le maintien du cratère pacifique de la contestation citoyenne : «Le pouvoir a toujours agi par des procédés dangereux, à l’image de l’intox, de la désinformation, de l’infiltration des mouvements et des structures politiques, mais aussi à travers la fragmentation des mobilisations, notamment dans les régions… Aujourd’hui, le pouvoir s’est rendu compte qu’il ne peut pas réprimer 20 millions d’Algériens qui sortent à la fois pour réclamer un changement démocratique. Les officines du pouvoir doublent, alors, de stratégies, de division et de dérision…

Le pouvoir en place veut aussi nous pousser vers la violence, car c’est son terrain favori !», a-t-il encore mis en garde. Répondant à une question à propos de la position de certaines puissances étrangères dites alliées du régime algérien, l’intervenant estime que «certains régimes occidentaux redoutent et s’opposent à un changement démocratique en Algérie, car ce sont leurs intérêts qui sont en jeu. Mais le génie du peuple, poursuit-il, a réussi à détourner leurs plans et leurs combines».

Enfin, concernant la feuille de route proposée au mois de mars dernier par le FFS, l’ex-premier secrétaire national de ce parti a insisté que pour parvenir à une transition démocratique réussie, «il est essentiel de permettre au peuple de se constituer dans une assemblée constituante souveraine…». «Le FFS dérange toujours, même si nous ne sommes pas les moteurs de cette mobilisation, mais nous sommes une composante. Notre feuille de route est une proposition politique concrète, et pas une tentative de récupération», assure le représentant du parti de Hocine Aït-Ahmed.

Oussama Khitouche