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Ali Laskri chassé du siège du parti, Hakim Belahcel démissionnaire

La crise s’enlise au FFS

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Prévu pour hier, le Conseil national du FFS a finalement pris une tout autre tournure bien avant son commencement. Dès le matin, plusieurs dizaines de militants mécontents et des membres du Conseil national, dont des députés, ont observé un rassemblement houleux devant le siège du parti à Alger, pour réclamer le départ d’Ali Laskri, exprimer «le rejet de la gestion unilatérale du parti» et «réhabiliter l’action politique du Front et des espaces de débat libre et démocratique».

Un rassemblement qui a fini par la mise à la porte du coordinateur de l’instance présidentielle du parti, qui sera sorti, sous escorte de certains militants, de son bureau et mis dehors. Auparavant, le ton était loin d’être au calme et les protestataires finiront donc par faire irruption dans le siège poussant les présents, à leur tête le premier responsable de l’instance dirigeant du FFS, Ali Laskri, à quitter les lieux.

Selon certaines informations, Hakim Belahcel, premier secrétaire national du FFS, nommé il y a moins de trois semaines par les trois membres de l’instance présidentielle pour gérer les affaires du FFS, a décidé de démissionner quelques minutes après le coup de force des militants au niveau du siège du parti. Dans une déclaration, hier, au site TSA, Ali Laskri, membre de l’instance dirigeante du FFS, qui a donc été sorti du siège du parti de force par des militants, n’a pas mâché ses mots, qualifiant ce qui s’était passé de putsch contre le FFS.

«C’est un véritable putsch. Le Conseil national devait se tenir aujourd’hui, dans le cadre des statuts et du règlement intérieur. Les membres du Conseil national sont venus. Mais des camarades députés et le P/APW de Béjaïa ont ramené des gens dangereux au siège national et ont utilisé la force. Ils ont tout cassé, la porte d’entrée du siège du parti ou encore celle de mon bureau.

Il y a eu des bousculades, des camarades m’ont protégé. Ils avaient fait un putsch avorté le 8 mars et cette fois-ci ils ont mobilisé des gens vraiment très dangereux. Ils ont ramené des fonctionnaires de l’État, de Tizi Ouzou, de Béjaïa et d’un peu partout, des gens très dangereux, qui ont commencé à casser et à tout détruire. Ces gens ont attaqué le siège du parti d’une manière violente», affirme-t-il.

«Moi je dis que les problèmes au sein du parti ont commencé depuis le 25 janvier. On m’a fait le même coup en 2006, mais on n’a pas réussi à m’enlever. Malheureusement, ça se répète aujourd’hui, surtout que ça vient des députés et aussi des élus de Tizi Ouzou et de Béjaïa. Il y a certains parlementaires du FFS qui travaillent avec les officines, aujourd’hui, ils sont apparus au grand jour. Ils sont venus au siège pour détruire le parti.

Depuis que les évènements ont commencé en Algérie, on n’a pas laissé le FFS tranquille», ajoute-t-il. «En février, les députés du FFS ont repris leurs activités au Parlement alors qu’on a suspendu notre participation aux activités parlementaires à partir du 25 octobre lorsqu’on a cadenassé le siège de l’APN. En marge de la conférence des élus qu’on a faite le 25 octobre, j’ai réuni les parlementaires du groupe et leur ai dit que l’Algérie avait donné une image honteuse dans le monde. On avait alors suspendu nos activités.

Depuis, le groupe parlementaire s’est mobilisé pour neutraliser le parti à tout prix. Bien que la décision ait été prise par les instances du parti, les camarades n’ont malheureusement pas respecté la décision de retrait. Le seul conseil national légal était celui du 25 janvier et celui qui devait se tenir aujourd’hui qu’ils n’ont pas laissé se tenir», explique encore Ali Laskri.

Par ailleurs, une session extraordinaire du Conseil national du FFS était prévu dans l’après-midi d’hier pour parvenir à des décisions devant renforcer l’action du parti sur la scène politique, a-t-on appris. Cette session vise «à arrêter la date d’un congrès national inclusif et réunir les conditions nécessaires à sa tenue, afin de redonner aux militants la parole, librement et démocratiquement», ont précisé des membres du Conseil national du FFS à la presse .

A. C.