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ALGéRIE - FRANCE - Visite hier de Jean-Yves Le Drian

La fin d’une embrouille ?

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Souhaitant entrer dans une «nouvelle phase» dans ses relations avec l’Algérie, considérée par Paris comme une «puissance d’équilibre et de paix», la France a dépêché, hier, son chef de la diplomatie. La question libyenne prime au cours de cette visite.

Le ballet diplomatique s’est intensifié ces derniers jours à Alger qui a reçu, hier, le ministre des Affaires étrangères françaises, Jean-Yves Le Drian, emboîtant le pas au président du Conseil italien, Giuseppe Conte, il y a six jours, au ministre des Affaires étrangères turc et à une haute délégation gouvernementale libyenne, il y a près de dix jours. La venue de Le Driant revêt un cachet particulier puisqu’elle s’inscrit dans le double agenda politique- nationale et régionale. Le chef du Quai d’Orsay a apporté dans ses valises le dossier libyen, dont les derniers évènements ont bousculé les agendas des pays voisins des deux côtés de la Méditerranée. Rapports historiques obligent, la question des relations bilatérales, qui connaissent des embrouilles, figuraient aussi dans le programme de visite du ministre des Affaires étrangères françaises. D’ailleurs, ce dernier n’a pas manqué de mettre en avant, la volonté de son pays d’entrer dans une «nouvelle phase» dans les relations bilatérales avec l’Algérie.

«Les deux pays partagent la volonté de réengager leurs échanges au plus haut niveau (…) afin de lancer une nouvelle dynamique dans tous les secteurs de coopération», a déclaré le chef de la diplomatie française à son arrivée à Alger. La relance des échanges de haut niveau impliquent une rencontre entre les deux chefs d’État qui, rappelons-le, ont été au cœur d’échanges peu aimables, au soir même de l’élection présidentielle du 12 décembre dernier. Paris, qui n’a aucun intérêt à entretenir l’embrouille diplomatique avec Alger, met ainsi en avant le réengagement du Comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français mis en stand-by depuis la dernière rencontre à Paris sous la conduite de l’ancien chef de l’Exécutif, Ahmed Ouyahia, en décembre 2017. Alors que les comités de même intérêt algéro-espagnol et algéro-portugais n’ont pas connu d’intermèdes, celui réunissant Alger et Paris a vécu des entractes inamicaux depuis cette quatrième et dernière session. Il faut rappeler que lors de cette session, il a été décidé de renforcer le partenariat économique et d’identifier les nouvelles perspectives d’investissement.

Le Drian n’a pas manqué, à son arrivée à la capitale, de saluer «l’ambition exprimée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour réformer l’Algérie en profondeur, refonder l’Etat de droit et des libertés, relancer et diversifier l’économie, conformément aux aspirations exprimées par les Algériens, sans oublier son engagement à conduire le pays dans un esprit de dialogue, afin que tous les Algériens puissent s’exprimer sur ces réformes», selon ses propos rapportés par l’APS. L’invité de l’Algérie a aussi émis le souhait de voir le président Tebboune «réussir dans cette mission» et que la mise en œuvre de ces réformes puisse «conduire au succès de l’Algérie et des Algériens», réitérant «l’amitié de la France pour l’Algérie».

Édulcorant son discours, le chef de la diplomatie française, voulant assurément faire oublier le clash entre Tebboune et Macron, le 12 décembre dernier, considère que la position de son pays est claire et non ambiguë : «L’Algérie a connu, au cours de l’année écoulée, une phase décisive de son histoire. Nous avons en permanence, tout au long de cette période, répété toujours la même chose que c’était aux Algériens et à eux seuls de décider de leur avenir et de trouver ensemble le chemin d’un dialogue démocratique parce que cela faisait partie du respect que nous avons pour la souveraineté de l’Algérie.» «L’élection présidentielle (en Algérie) a eu lieu. Il y a désormais un nouveau gouvernement avec lequel la France veut travailler», a ajouté Le Drian.
M. A. T.